Un peu de bon sens, les gars, les filles ! (Défi du samedi n° 865)

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Tant pis si ça vous ennuie ou si vous en faites tout un plat mais moi je me FLATte d’être platiste ! Oui, je crois, comme disait Mireille Mathieu, je crois que la Terre est plate. 

Alors le zénith, je veux bien. Il suffit que je lève la tête et j’aperçois, au-dessus de ma tête, à la verticale ou presque, le soleil, mon ange gardien, celui qui permet à mes journées d’être lumineuses et joyeuses alors que je suis entouré, comme tout un chacun, par des smombis lugubres et des complotistes qui voient des sphères partout ! Sans parler de tous les haineux de la fachosphère, des accros du billard et des fous du ballon rond qui discutent coût des transferts et insultent les mères cathos !  Ça confirme que rien n’est carré et que, à part le soleil autour de nous, il y a des choses qui ne ne tournent pas rond, dans notre système ! Pas moyen de faire disparaître tous ces fous dans le triangle des Bermudes ! Il faut faire avec et s’abriter d’eux dans son monde parallèle. 

Le zénith, oui, d’accord mais votre histoire de nadir « point du ciel à la verticale de l'observateur, vers le bas » vous pouvez vous la remballer ! Il faut laisser les fondements aux proctologues et les fondations à Isaac Asimov qui croit lui aussi à un système solaire avec des hallucinées de Lisieux en boule de loto mais tout le monde sait bien que c’est de la science-fiction, Asimov et Cie  ! Rien de crédible dans tout ça ! Est-ce qu’on vit avec des robots qui respectent une éthique aujourd’hui ? Non, bien sûr ! Alors ?! 

Vers le bas de l’observateur, c’est simple, il y a le bas de notre planète une partie de l’atmosphère-atmosphère qui a un peu la gueule d’atmosphère de La Varenne mais en moins fatalitaire, routinier tout au plus. Une fois que le soleil qui s’est levé en Sibérie vers 5-6 heures du matin, s’est déplacé d’Est en Ouest au-dessus de notre parallélépipède rectangle et a terminé sa course à l’ouest de l’Alaska sur le coup de 22 heures, tout le monde va se coucher et lui aussi. Il se laisse glisser sur le toboggan, il décline lentement dans cette partie du ciel qu’on appelle la soute parce que c’est un endroit tout noir et, au bout de la nuit, après un sommeil réparateur, il remonte tranquillement à l’échelle, comme le Nounours de « Bonne nuit les petits » au son de « Que ne suis-je la fougère » et vient pointer le nez à droite de la carte pour réchauffer Oymyakon et nos os endoloris par le froid et la vieillesse. Je dis ça comme ça pour la beauté du geste littéraire mais de fait, je ne souffre de nulle part, Docteur ! 



Le Nadir – c’est un prénom arabe ou quoi ? -, personne ne l’a jamais vu, celui-là et on n’a pas intérêt à creuser trop profond ce concept ni à l’aller voir en rejouant « 20 000 lieues sous les mers » ou « Voyage au centre de la Terre » ! C’est ce que j’ai dit hier à Donald Duck qui me serinait encore « Drill, baby, drill ! », ce qui signifie « Tais-toi et creuse » ou « Toi, tu creuses ! ». Il y va un peu fore de café, quand même, le fondu à la mèche ! J’apprends ce matin que, pour compenser l’absence de travailleurs-esclaves pauvres mais immigrés, il veut envoyer des enfants de cinq ans travailler dans le mines ! Réveillez-vous, Victor Hugo et Jean Ferrat !



Surtout, à force de s’enfoncer de plus en plus profond dans le magma, il arrivera un jour où on arrivera de l’autre côté, dans la piaule du soleil ! Crois-moi, il ne vas pas aimer ça, l’Apollon du belvédère ! Pour peu qu’il pleuve à verse ce jour-là ou que les océans se déversent dans le trou noir, inondant son matelas de flotte pleine de plastique, il va nous rejouer Boucle d’Or et les Trois ours ! Si tu touche à son grisbi ou à son frisbee, sa vengeance va être terrible, au Grizzly ! Ça va chauffer pour nos fesses !

Vous, je ne sais pas, mais moi je sais bien que ça ne me plaira pas qu’on touche à ma zénithude !




Yakuza un vieux coup de fatigue ! (Défi du samedi n° 864)

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1

Il y a plein de judokas

Qui s’affrontent sur le tatami.

 

Il y a plein de jolies geishas

Avec des kimonos de soie.

 

Elles pratiquent l’ikebana,

Taillent et retaillent le bonsaï.

 

Refrain 1

Et puis arrive le samouraï,

Serviteur du pire de l’Empire,

Briseur de révoltes,

Pilleur de récoltes,

Heikegani honni que l’on rejette à l’eau !

 

 


2

Il y a plein de lolitas

Qui s’trémoussent au karaoké.

 

Il y a une palanquée d’ados

Qui se retrouvent au dojo

Pour pratiquer l’aïkido,

Le judo, le jiu-jitsu

Et donnent du sashimi à leur tamagotchi.

 

Avoir des tas de yens rend zen,

On n’a plus à s’faire de sushis

Mais on voit très peu de Rennais

Suivre l’indice Nikkei sur leur laptop aux Lices.

 


 

Refrain 2

Et puis arrive le yakuza,

Criant « Banzaï ! »,

Qui défouraille,

Qui tire dans le tas

Comme s’il était un samouraï

Des temps modernes

Chargé d’occire les mangakas

Aux dessins de camions si ternes.



 

Moi aussi, Pépé le moka,

Je préfère Taka Takata

Mais je n’en fais pas tout un plat !

On ne discute pas goûts et couleurs,

On n’assassine pas les bobines !

Je ne transforme pas Mishima

En yokitori cuit vapeur

Ni Akira Kurosawa

En miso à l ‘hémoglobine !

 

3

Lorsque les sakura sont blancs

On joue au go ou au shogi,

On sudokute,

On Paramounte au mont Fuji

Les yeux tout scintillants d’étoiles

D’avoir aimé Miyazaki !



 

Il y a des sumos gavés de tofu,

Des tortues Ninja qui prennent le maki,

Des karatékas qui ne cassent pas des briques

De bons acteurs de kabuki

Et des actrices qui disent « No » ;

Le haïku, jugé trop long,

Est remplacé par l’émoji !

 

Refrain 3

Et puis arrive le tsunami !

Hokusai n’est plus notre ami !

Mac Mahon vous l’avait prédit :

« Kendo ! Kendo ! »

Et Marguerite l’avait écrit :

« Faites barrage au Pacifique ! 

Il fond comme un vautour,

Causant dégâts catastrophiques,

Pires qu’Hiroshima, mon amour ! ».


 

4

Il y a des vieux bonzes qui prient,

Les yeux sur la porte shinto

Où pendent les kakemonos

Sur lesquels des fans ont écrit

« Que soit honnie Yoko Ono ! »




 Il y a des tas de gamins qui plient

Des papiers de couleurs jolies

Pour fabriquer des animaux

Et faire un zoo d’origamis.

 

Refrain 4

Et puis voilà Fukushima qui se ramen

Et plonge le pays dans la peine,

Le nucléaire qui nous rend verts 

En rejetant l’eau chaude à la mer !

 

Mais pourquoi donc autant de haine

Au pays du soleil levant ?

Franchement !

Yamamoto Kakapoté ?

Yamonoto Kadératé ?

Hirohito Katrépassé ?

Fujimori Kékondamné ?

Le Pérou n’est plus c’qu’il était ?

 

Tout cela ne donne qu’une envie :

Si tu veux demeurer en vie,

Si tu ne peux plus saké les cons,

Redeviens Hikikomori 

Et fais comme le cousin Gaston !

 

Allonge-toi sur ton futon,

Relis tes vieux Hara-Kiri

Et souris si, à l’occasion,

Tu parviens à kamikazer

Dans ton Défi du samedi

Tous les mots du logorallye !

 

Le Syndrome de la lettre x (Défi du samedi n° 863)



- Non mais allô, quoi ? Au secours, le FBI ! Il y a un phénomène étrange qui est arrivé sur le Défi du samedi. Il faudrait que les agents très spéciaux, Dana Scully et Fox Mulder, viennent enquêter ! Ça se passe sur la proposition de Défi n° 863.

- Un instant, Monsieur, je me connecte pour vérifier. Vous appelez bien à propos de X-files ?

- Oui, c’est ça, X-files.

- Je ne vois rien d’anormal ou de paranormal là-dedans.

- Comment ça, rien de paranormal, là-dedans ? Vous vous fichier de moi ou quoi ? J’ai vérifié : ça ne fait référence à rien d’autre qu’à la série télévisée américaine !

- Oui, bien sûr. X-files est bien une série télévisée américaine de science-fiction en 218 épisodes de 43 minutes, fondée par Chris Carter et diffusée entre le 10 septembre 1993 et le 21 mars 2018 sur le réseau Fox. Et alors ?

- Comment ça, « Et alors ? » ? Ça veut dire qu’il y a de la porosité entre les deux mondes séparés ! Ce thème n’a rien à faire là. On n’a pas le droit de nous demander d’écrire sur ce sujet-là !

- Et pourquoi donc ?

- Mais enfin si on commence par accepter ça, vous vous rendez compte de ce que ça implique ? Bientôt on va nous demander d’écrire sur « Bureau des légendes », « Doctor Who » « Thierry la Fronde » « Zorro » « Raspoutine ». Et pourquoi pas « Talleyrand » « Gérard Depardieu » ou « Pie VII » ?

- Je ne comprends pas, Monsieur. Vous désirez porter plainte ? Contre qui ? Contre quoi ? Voulez-vous bien décliner votre identité ? Je transmettrai vos griefs à notre service contentieux.

- Larousse Pierre, lexicographe. On n’a pas à mélanger les noms propres et les noms communs dans un dictionnaire ! Et puis tant qu’à faire, j’aimerais que vous enquêtiez sur la disparition des pages roses.

- C’est fait, ça, Monsieur. Le latin a été déclaré langue morte par décret de l’empereur Donald 1er le 12 août 2025. De plus l’augmentation des droits de douane de 200 % sur tous les objets de couleur rose en provenance de l’étranger et même du sol américain fait que nous manquons de papier de cette couleur. De là l’interdiction d’utilisation de ce coloris.

- Mais on est en France, ici ! Cela ne nous regarde pas, Thierry !

- Vous rigolez ou quoi ? La sécurité est mondiale, nous sommes vos protecteurs, nous décidons ce que bon nous semble pour l’ensemble de la planète. Votre demande d’intervention est rejetée.

L’Intelligence artificielle raccroche. Sa voisine du standard, madame Lia 238682 lui demande :

- C’était quoi, cette fois ?

- Encore ce foutu syndrome de la lettre X. Il y en a toujours qui pètent les plombs quand le vocable proposé n’appartient pas aux deux cents mots qu’ils ont dans leur vocabulaire courant !





Wifigénie en bolide ? (Défi du samedi n° 862)

Je crois que si le mot « wifi » était sorti sur le Défi du samedi l’été dernier pendant mes vacances en camping, je ne serais pas allé demander et encore moins acheter le code wifi qui me permet de faire mon intéressant sur cet atelier d’écriture !

C’est que, voyez-vous, même après avoir lu la notice de madame Wikipe consacrée à ce phénomène mi-scientifique, mi-administratif, je ne comprends toujours rien à toute cette machinerie qui me permet d’aller pondre des bêtises jusqu’en Outre-Quévrain, de dialoguer avec des Clermontoises, des Corréziennes, des Drômoises, des Varoises, des Lannionnaises et même jadis avec des Américaines alors qu’avec mon voisin de palier, c’est zéro échange tout au long de l’année. Il faut dire aussi que nous sommes seuls sur notre palier et que, de toute façon, vu la gueule qu’il a et la violence des échanges qu'il  propose, je préfère traverser ce monde réel incognito et silencieux, quasi cloîtré dans mon amour du gambit Rousseau, de mon épouse volante, de la musique et de l’écriture partagées, de la photographie de ville, du vélo et des tableaux de Giorgio De Chirico !

 


C’est pourquoi je remercie l’oncle Walrus de perpétuer la tradition des photos sur lesquelles écrire pendant la saison d’été du défi. Cela me permettra peut-être d’aller demander un code Wifi à Madame Adélaïde au camping de Faux-la-Montagne si on y retourne cet été - c’est en bonne voie, de fait ! -.

Un dernier détail amusant : chez nous le code qui permet d’avoir accès au réseau Wifi c’est quelque chose comme « unesourisvertequicouraitdanslherbe ».

Comme c’est mon fils préféré qui a configuré le truc, je suis bien content qu’un peu de notre fantaisie à lui transmise (par wifi ou par code génétique?) transparaisse quelquefois derrière sa barbiche de geek ayant pignon sur rue !