Plus rien ne ruisselle, Père Noël ! (Défi du samedi n° 947)



Se peut-il que nos lutins,
Piétaille, menu fretin,
Marchent, brandissent carton,
Réclament, badge au veston,
Sonorités argentines ?
Bref, que ces petits fripons
Sous mon fortin se mutinent ?

Plutôt qu'à saute-mouton,
Qu'ils jouent à brûle-poubelle ?


Cop. Ouest-France Redon

Pourquoi toutes ces tartines
Dès que sonnent les matines ?
Tels les Germanopratins
De mai au Quartier latin,
Rêvent-ils d'une catin
Sur un fauteuil en rotin
Qu'on lutine et qui cartonne ?

Au s’cours Sœur Emmanuelle, !
Plutôt qu'à brûle-poubelle,
Qu’ils jouent à claque-jarretelle !



Au matin des nuits de satin,
Dans le blanc du pays lapon,
A quoi donc rêvent ces pantins ?
D'être des Arsène Lupin ?
Dévaliser mon magasin ?
Ne plus vivre comme un rapin
Mais devenir de vrais rupins ?
Ne plus avancer à tâtons
Vers un avenir qui fout les j’tons ?

Plutôt qu’ces « C’est quand qu’on va où ? »,
Allez emballer les joujoux !

Ça suffit comme ça, mes lapins !
Vous n' touch’rez pas à notr’ butin,
Parole de nantis du gratin !
Des coups de bâton pour les gredins,
Des matons pour les malandrins,
On vous en donnera à foison !
Car vous nous cassez les arpions
A nous réclamer profs et pions !
Si c'est pour jouer l’ gambit letton
Vous allez goûter du gourdin !

Saint Laurent n'est pas mon cousin
Pour rien !



Déjà : privés de tarte Tatin
Et de cadeaux sous le sapin
A la Noël !

Une Usine de karaoké (Défi du samedi n° 946)


Moi je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il se trouve que je travaille beaucoup. Beaucoup trop peut-être.

Du coup, je casse peut-être le marché ? Sans qu’il y ait de versement de salaire à la clé, je pointe dans une usine de fabrication de karaoké.

Vous avez déjà eu droit à la notation échiquéenne il y a quinze jours et donc je ne vais pas vous refaire le mode d’emploi de la machine bien que j’adore détailler cela. Grosso modo je prends une chanson française du XXe siècle. Je la découpe en strophes de quatre vers. Pour chaque strophe, je cherche une image correspondante chez M. Google-Images.

Ensuite je pose tout ça dans le logiciel Canva. C’est gratuit et c’est en ligne. Je mets en page texte et images avec de jolis fonds coloré. J’exporte sous forme de fichiers en .pdf et sous forme de fichiers .jpg.

Une fois par trimestre, Madame Souricette, la présidente de notre association, invite notre chorale, les M’A2R1 d’O douce, à monter sur la scène devant les membres présents. Nous chantons quatre chansons.

Avec sa jolie petite souris elle fait avancer les pages du pdf pour que les paroles et les images soient projetées sur l’écran géant derrière nous en phase avec notre interprétation. Chacun·e peut ainsi lire, depuis son fauteuil confortable, les paroles de la rengaine et la chanter avec nous.

J’enregistre le son de cette prestation. Une fois rentré chez moi je pose le MP3 de la chanson et les jpg du diaporama dans le logiciel Windows movie maker et je fais correspondre la durée des images avec celle du son. J’enregistre ensuite une « vidéo » en .mp4.

C’est confus, hein ? Alors abrégeons. Il y a un concert au pot de rentrée, un concert pour la galette des rois et un concert pour l’assemblée générale. Je confectionne donc douze diaporamas par an.

Je les positionne sur ma chaîne Youtube, histoire d’enrichir M. Google qui entrelarde de publicités tout ce que nous partageons gratuitement sur sa plate-forme. Moi, ce n’est pas l’argent qui m’intéresse dans la vie, c’est la rigolade et la convivialité.

Je vous en livre trois ci-dessous et j’ajoute les liens vers ce qui est disponible actuellement en ligne. Bon karaoké à vous !






Léonard Cohen – Demain sera bien 

Joe Krapov – Le Yoga de la narine 

Georges Brassens et Johnny Hallyday – Rien à jeter / Ah que... je l’aime ! 

Guy Béart – Les Couleurs du temps 

Serge Reggiani – Le Barbier de Belleville 

Gerard Jaffrès – Kenavo 

Malicorne / Joe Krapov - Bonsoir maître de maison 

Georges Brassens – Le Bateau de pêche 

Gilles Servat – L’Hirondelle 

Louis Capart – Marie-Jeanne-Gabrielle 

Georges Brassens – L’Orage 

Au p’tit bonheur – J’veux du soleil 

Les Frères Jacques – A la Saint-Médard 

Georges Brassens – Le Vent 

Charles Aznavour – Emmenez-moi 

Jumeaux-jumelles ? (Le Défi du samedi n° 945)


Il est assez paradoxal de constater que les jumeaux les plus célèbres de la bande dessinée franco-belge n’en sont pas vraiment ! Sinon comment expliquer que l’un s’appelle Dupond et l’autre Dupont ?


Il est assez paradoxal de constater que le rôle des jumelles les plus célèbres de la comédie musicale française ne sont pas tenus par des jumelles. Effectivement ce sont bien deux sœurs qui jouent "les sœurs jumelles nées sous le signe des gémeaux"  dans « Les Demoiselles de Rochefort » de Jacques Demy mais, outre qu’elles ne sont pas jumelles, Françoise Dorléac et Catherine Deneuve ne portent pas le même nom, du fait que la seconde a pris un pseudonyme pour éviter la confusion avec sa sœur, actrice elle aussi.


De la même manière, à Paris, la tour Eiffel et la tour Montparnasse ne sont absolument pas des jumelles : l’aînée est beaucoup plus âgée que la cadette et elle n’est pas faite du même métal. Et elles se ressemblent assez peu.

Il a bien existé un jour des tours jumelles mais elles étaient à New-York et, du fait de la folie des hommes, elles ont disparu comme le fera notre planète un de ces jours.

Je ne sais plus trop ce qui se passe entre l’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll et les jumeaux Tweedledum et Tweedledee dans la suite « De l’autre côté du miroir ». Quand j’aurai à nouveau du temps pour lire, j’irai refaire un petit tour par là.


En attendant, je suis allé faire un petit tour sur la page Wikipedia dédiée à cette naissance double. J’y ai appris plein de choses complètement inutiles et je n’ai pas l’intention de me les rappeler à l’avenir, sauf a envoyer une question de ce type au Jeu des mille euros :

« Qu’ont en commun Mark Twain, Philip K. Dick, Scarlett Johansson, Fred Vargas, Renaud Séchan et Serge Gainsbourg ? »

Oui, c’est ça, un frère jumeau ou une sœur jumelle.

Ce qui m’a le plus épaté ou décontenancé c’est le chapitre consacré à la mythologie gréco-latine. Ils sont là toute une palanquée, avec des noms à coucher dehors alors que leurs parents habitent la résidence Olympe, Paris XVIe, gaz, luxe, calme et volupté à tous les étages.

Surtout il y a les demi-frères jumeaux qui m’ont salement intrigué :

Castor et Pollux, dits les Dioscures, demi-frères jumeaux issus de Léda (Pollux étant le fils de Zeus, et Castor étant le fils de Tyndare).

Hélène et Clytemnestre, demi-sœurs jumelles issues de Léda (Hélène étant la fille de Zeus, et Clytemnestre étant la fille de Tyndare).

Héraclès et Iphiclès, demi-frères jumeaux issus d'Alcmène (Héraclès étant le fils de Zeus, et Iphiclès étant le fils d'Amphitryon).

Pour qu’ils naissent le même jour de deux pères différents faut-il qu’il y ait eu « un plan cul à trois » comme on dit maintenant et comme dans la saison 2 épisode 3 de la série « Dix pour cent » en replay sur France TV ?

Est-ce que du coup cela n’expliquerait pas le mystère de Dupond et Dupont ?

Merci, cher oncle Walrus, d’avoir levé le lièvre avec ces histoires de chaud lapin !

CONSIGNE 2627-06 DU 13 OCTOBRE 2026 de l'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

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Rimes en STE ou STRE 


 

Il n’est pas obligatoire que vous fassiez un poème avec toutes les rimes ci-dessous. Vous pouvez :

 

- écrire une liste de J’aime/Je déteste à condition de placer cinq mots de la liste dans votre texte ;

 

- écrire des haïkus autour d’un de ces mots (un ou deux mots par haïku) ;

 

- faire le portrait iconoclaste d’un pianiste, d’un dentiste, ou écrire ce que vous voulez d’agreste ou de céleste mais en insérant cinq mots de la liste dans votre œuvre du jour ;

 

- mais vous pouvez aussi écrire un poème avec un maximum de ces rimes !

 

aste

este

iste

oste

uste

ouste

stre

agélaste

admoneste

 

 

ajuste

 

astre

chaste

agreste

altiste

accoste

arbuste

booste

cadastre

cinéaste

Alceste

améthyste

Alain Prost

auguste

langouste

capodastre

contraste

atteste

artiste

Avant-poste

buste

mangouste

désastre

dévaste

Brest

attriste

composte

déguste

Oust

encastre

ecclésiaste

céleste

autiste

Faust

flibuste

Ouste !

épigastre

enthousiaste

chanson de geste

caviste

holocauste

fruste

Proust

jobastre

faste

conteste

cubiste

imposte

incruste

rouste

Zoroastre

gymnaste

déleste

dentiste

Lacoste

robuste

 

 

iconoclaste

déteste

désiste

Low cost

Salluste

 

alpestre

Jocaste

 

Du reste

droguiste

poste

tarabuste

 

ambidextre ?

pédéraste

 

Est

En piste !

riposte

vétuste

 

rupestre

taste-vin

Far-West

existe

timbre-poste

 

 

 

vaste

funeste

fantaisiste

Toaste

 

 

bistre

vidéaste

Hellfest

flûtiste

Val d'Aoste

 

 

cistre

 

inceste

fumiste

 

 

 

ministre

 

indigeste

gréviste

 

 

 

registre

 

infeste

humoriste

 

 

 

sinistre

 

malepeste

impressionniste

 

 

 

 

 

manifeste

improviste

 

 

 

rostre

 

modeste

insiste

 

 

 

 

 

Oreste

lampiste

 

 

 

balustre

 

Ouest

laxiste

 

 

 

frustre

 

palimpseste

liste

 

 

 

lacustre

 

peste

Maciste

 

 

 

lustre

 

preste

nihiliste

 

 

 

rustre

 

sieste

pianiste

 

 

 

 

 

teste

schiste

 

 

 

 

 

Trieste

triste

 

 

 

 

 

veste

unijambiste

 

 

 

 

 

zeste

zadiste

 

 

 

 

 

 

zutiste

 

 

 

 

 



Initiation à la notation échiquéenne (Défi du samedi n° 944)


Nous posons en préamvestibule que vous avez acquis les présuppositoires suivants : on joue au jeu d’échecs sur un plateau carrément carré de 64 cases (8x8, donc) alternativement blanches et noires.

Quand on a les blancs, les rangées (horizontales) sont numérotées de 1 à 8 du bas vers le haut, les colonnes (verticales) sont nommées de a à h de la gauche vers la droite.

Quand on a les noirs, les rangées (horizontales) sont numérotées de 8 à 1 du bas vers le haut, les colonnes (verticales) sont nommées de h à a de la gauche vers la droite.

Ça y est ? Y’a déjà du naufrage mental ? J’en ai perdu combien ?

Comme dans le jeu de la bataille navale, une case est désignée par la lettre de la colonne dans laquelle elle se trouve à laquelle on adjoint le chiffre de la rangée dans laquelle elle se trouve.

Si on joue au jeu des quatre coins on ne s’occupe donc que des cases a1, a8, h1 et h8.

Les pièces du jeu sont nommées d’après l’initiale, en capitales, du mot qui les désigne :

La tour devient T
Le cavalier devient C
Le fou devient F
La dame devient D
Le roi devient R

Au début du jeu seuls les cavalier peuvent sortir car eux seuls peuvent passer par-dessus les pièces. Une partie peut donc commencer avec le coup Cf3 ou avec le coup Cc3.

Même s’ils sont l’âme des échecs selon François-André Danican Philidor, les pions ne sont désignés par aucune lettre.

Autrefois le mouvement de deux cases du pion central placé devant le roi s’écrivait e2-e4. Aujourd’hui on écrit plus simplement e4.

Quand un pion ou une pièce effectue une prise on l’indique par le signe « multiplié » soit « x » : Dxf7, Txh8, Fxc6 etc. Puis on soustrait la pièce prise du plateau de jeu.

Quand un pion blanc prend un pion noir ou une pièce placée sur une des deux cases situées en diagonale devant lui on écrit exd5 ou exf5 suivant qu’on prend à gauche ou à droite. Si on hésite sur ce point de prendre à droite ou à gauche, on peut aussi consulter son GPS ou sa carte Michelin. S’il y a un cavalier en prise en d5 et une dame en prise en f5 il est théoriquement plus intéressant de prendre la dame. Mais il faut voir : c’est peut-être un sacrifice gagnant de votre adversaire, auquel cas c’est vous qui perdrez !

Quand un pion blanc rendu sur la cinquième rangée prend un pion noir qui vient d’avancer sur la colonne adjacente de la septième à la cinquième rangée, on note cela ainsi : « exd6 e.p. ». « e.p. » signifie « en passant », je le dis en passant pour ceux et celles d’entre vous qui auraient ignoré que cette possibilité de la prise en passant existât.

Quand un pion blanc atteint la huitième rangée il est récompensé par une promotion à un grade supérieur : il peut devenir sous-chef de bureau, officier de cavalerie, sergent-major, fou de Bassan, grandmamamouchi, cavalier, fou, tour voire même, par ces temps ou il y a plus de transsexuels que de zazous dans mon quartier, dame. Cela s’écrit « e= D », « e=T », etc.

Quand un pion ou une pièce donnent un échec au roi, on note cela en ajoutant le signe+ à la notation du déplacement. Cc7+, Dd8+, etc.

On note les coups dans l’ordre où ils ont joués. Ce sont toujours les blancs qui commencent. On note le n° du coup puis le premier coup blanc puis le 1er coup noir.

Par exemple1. e4 e5 signifie que le premier joueur a poussé son pion du roi en e4 et que le joueur des noirs a répondu en poussant son pion du roi en e5. Les deux pions sont bloqués et ne peuvent plus avancer. Heureusement on a sept autres pions et huit pièces pour complexifier le tableau.

Lorsque, chez les blancs, le fou de cases blanches et le cavalier roi ont été sortis on peut procéder au petit roque : le roi se déplace de deux cases sur sa droite et la tour vient prendre la place qui est tout de suite à sa gauche. Cela se note : « o-o ».

Idem chez les noirs avec le fou de cases noires et le cavalier roi, en changeant la droite par la gauche et lycée de Versailles.

On peut aussi choisir de faire le grand roque. Pour cela il faut avoir déplacé le fou dame, le cavalier dame et la dame. Ensuite de quoi le roi se déplace de deux cases sur sa gauche et la tour vient prendre la place qui est tout de suite à sa droite. Cela se note : o-o-o. Même chose en inversant droite et gauche pour les noirs.

Le résultat de la partie terminée est noté sur la feuille. 1-0 signifie que les blancs ont gagné, 0-1 qu’ils ont perdu, 1/2-1/2 que la partie s’est terminée par la nullité.

J’ai zappé le cas particulier des tours et des cavaliers qui peuvent effectuer un même déplacement ou une même prise. Si ça vous passionne vraiment, vous pouvez aller en prendre connaissance ici ou tout ce que je viens d’écrire est repris bien plus sérieusement :


Maintenant - je vous connais comme si je vous avais fait·e·s -, vous allez me demander : « A quoi ça sert, toutes ces chinoiseries » ?

A rien, bien sûr ! Ça sert juste aux pervers dans mon genre à « rejouer » une partie, à regarder son déroulement a posteriori (analyse post mortem est le nom latin du truc) pour y déceler des erreurs (très souvent) ou des coups brillantissimes (très rarement).

Peut-être qu’un jour futur, quand je serai en retraite et que j’aurai tout mon temps à moi je mourrai de rire en reconstituant cette partie de l’autre jour où j’ai balancé quatre pseudo-sacrifices de pièces à mon adversaire.

Ou cette autre miniature jouée contre le robot Wendy (1500 ELO) chez Chess.com.


Que ce billet vous serve de leçon : le jeu d’échecs rend fou !