CONSIGNE 2526-29 DU 2 JUIN 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN







Carnet d’expressions


Voici quelques expressions régionales ou utilisées dans un pays francophone ou ailleurs, relevées dans un des « Carnets d’expression » de Pépito Matéo, conteur, acteur et auteur.


Essayez d’en glisser trois ou quatre dans un texte qui parlera d’une région que vous n’habitez pas, que vous n’habitez plus ou dans une histoire où vous décrirez les habitant·e·s d’un pays imaginaire.

Expression

Traduction

Origine

Avoir le rhume de fesses

Avoir la diarrhée

Sénégal

Un ras le bonheur

Une mini-jupe

Québec

Azorer

Réprimander fortement

Québec

Placoter

jacasser

Québec

Un cocolet

Un enfant gâté

Suisse

Un couratier

Un coureur de jupons

Suisse

Être brossu

Être mal luné

Suisse

Une palenteuse

Une personne douée de ses mains

Suisse

J’vous aime bien mais j’me préfère

Se dit pour s’éclipser d’une soirée

Burkina

Avoir le cerveau en argile

Être stupide

Angleterre

Avoir les pieds froids

Etre timoré

Angleterre

Redresser les concombres perdus

Arranger les choses

Bulgarie

Marcher à pieds de chaussettes

Ne pas avoir mis de chaussures

Nord-Pas-de-Calais

Donner à manger aux poissons

Aller vomir

Bretagne

S’esclafouérer

Tomber en se répandant

Limousin

Les paroles lui sortions d’la goule comme les crottes d’o chu de la chèvre

Etre bavard

Poitou

Marcher en caricouillette

Marcher les jambes arquées

Montauban

Arriver à la fumée des cierges

Arriver en retard

Normandie

Muche tin cul, v'la ch’garde

Fais gaffe à toi

Nord-Pas-de-Calais

Etre taillé dans un bâton à sucette

Etre un gringalet

Normandie

Une panosse

Une serpillière

Savoie

Boutonner Carvin avec Epinoy

Boutonner dimanche avec lundi

Nord-Pas-de-Calais

S’entrucher

Avaler de travers

Champagne

L’oiseau est sur la branche

C’est l’heure de l’apéro

Brest

On va s’enfiler une r’nampée sul coin du musiau

On va boire un coup

Tours





Encore un bistrot-mémoire ? (Défi du samedi n° 925)


Mais bien sûr que si, que c’était mieux avant !

Autrefois, au moins, la connerie était réjouissante ! C’est ce qui ressort de l’« examen mémoriel » auquel je viens de me livrer à partir du mot « yodel ».

La dernière référence « culturelle » émergée à l’instant le prouve : c’est le « Yodoloï E.T. » des Charlots ! Je crois bien que je possède encore ce disque vinyle à la gloire du plus tyrolien de nos extra-terrestres !



Ce qui est venu en premier, à vrai dire, en lisant «yodel » c’est le nom de Mary Schneider et le souvenir de Philippe « La Prochaine fois je vous le chanterai » Meyer qui vouait à cette chanteuse australienne une admiration sans autre borne que la hauteur des Alpes ou celle du contre-ut de la dame. Là encore j’ai dans ma discothèque des MP3 collectés en « pire tout pire » grâce aux connexions installées at home par notre hacker préféré : dans la famille Krapov, je demande le fils-geek !

https://www.youtube.com/watch?v=iwsUSUfol4k

https://www.youtube.com/watch?v=y1XtnlCEXgI

Une preuve supplémentaire que c’était mieux avant : on n’avait pas besoin de causer l’engliche pour (ne pas) se faire comprendre des personnes auxquelles qu’on cause !

Avançons car les références sont comme les p’hiboux : elles pullulent ! Si vous croyez qu’en partant du mot « yodel » vous allez échapper aux problèmes de traduction, vous vous mettez le didgeridoo ou son équivalent en forme de trompe suisse (le cor des Alpes ! ) dans l’oeil jusqu’aux croquenots de style Vieux campeur. En effet la deuxième référence qui m’est venue à l’esprit n’est autre que cet album d’Arlo Guthrie, « Last of the Brooklyn cow-boys ». Le Dernier des cow-boys de Brooklyn plutôt que le Le Dernier cow-boy de Brooklyn. Qu’en pensez-vous ?

Je me souviens d’avoir entendu le premier morceau de cet album à sa sortie, en 1973, sur Europe n° 1. A l’époque cette radio périphérique était encore audible. Ce premier morceau est un traditionnel irlandais joué au violon par Kevin Burke. Le yodel transatlantique apparaît sur ce disque dans un morceau intitulé « Lovesick blues ». On peut l’entendre aussi, dans une version plus sage de Rosemary Standley, sur la B.O. du film « Camping du lac », une histoire quasi documentaire tournée au lac de Guerlédan (Bretagne intérieure).

Un exemple plus récent de yodel nous a été offert par les frères Coen sur la B.O. de leur film « O’ brother » avec « In the jailhouse now ».

https://www.youtube.com/watch?v=mZI54Y8qf70

Pour terminer, j’en suis le premier désolé, je ne chanterai pas de yodel pour vous. Je ne rentrerai que tard à la maison ce vendredi. Peut-être trouverai-je un enregistrement de « Au joyeux Tyrol », un air tiré de "L’Auberge du Cheval blanc » que j’ai tenu à mettre dans ma guitare.




Yodeli hi hi,

Yodeli hi ho,

Yodeli ho !




CONSIGNE 2526-28 DU 26 MAI 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

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Osez Joséphine !

 

Joséphine Lebard est une journaliste et autrice qui tient une chronique d’une page, intitulée « Soit dit en passant », dans le magazine La Croix L’Hebdo. Elle y parle de la vie de tous les jours et assez souvent, de son quotidien de mère de famille investie dans sa ville.

Chaque chronique a un titre, une phrase mise en exergue et un texte sur trois colonnes.

A partir d’une de ces chroniques, des différentes phrases d’amorce et des titres des chroniques distribuées, ou à partir de rien, pouvez-vous « oser Joséphine » et rédiger une chronique similaire voire deux si l’inspiration vous vient rapidement ?

 

Faire silence - Faites place ! - L’art de la joie - L’Homme qui lit - La Constellation - La Fin des vacances - La Té-lit-travailleuse - La Violence des jardins - Le théorème de l’ostéo - Le Triomphe des gentils - Nièces et neveux - Où sont les femmes ? - Pas d’âge pour les raconteurs d’histoires - Rome, version floue - Saint Valenquoi ? - Un été de carte postale - Un gentil appartement

 

***

 

Si vous avez besoin d’une étude comparative des meilleurs cafés de musées, mon fils est l’ado de la situation.

Entre femmes, nous parlions à un volume normal. Avec les hommes, nous avons dû forcer la voix pour nous faire entendre.

Bien sûr, travailler au lit ce n’est pas terrible… Mais cela offre quelques réconforts immédiats.

Moins mais mieux ? Pour le coup, cette histoire-là sonne un peu comme un conte à dormir debout.

C’est toujours une joie de recevoir un message qui dit que notre texte a résonné chez un lecteur.

En quelques secondes à peine, la septuagénaire a le visage d’une enfant. Une enfant qui joue.

C’était beaucoup de devoir encaisser les chocs esthétiques et les troubles qui agitent une jeune personne.

Je suis récompensée d’une petite personne qui vient se lover contre moi et qui fleure bon le shampoing et la compote de pommes.

 Je suis aussi reconnue comme experte de la salade de poulpe et des questions rose et marron du Trivial pursuit.

 Le Christ a passé quarante jours dans le désert, lui peut bien passer quarante jours sans assistance.

 Grosse faille dans son éducation : nous n’avons jamais abordé le chapitre « nutrition des oies » ces dernières années.

 Je crois que les demeures conservent le bonheur des précédents propriétaires et en font bénéficier les nouveaux.

Au verso, cela parlait pique-nique sur l’autoroute, baignades, parents pénibles, fratrie insupportable.

Nous avons toutes fait l’expérience de ces conversations non choisies avec des mâles qui avaient jeté leur dévolu sur nous.

Qui sont ces égoïstes qui étalent sans vergogne leurs mètres carrés de verdure piquetés de pâquerette ?

 

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Le Parti pris de la xylographie (Défi du samedi n° 924)





Quel parti tirer de la xylographie ? Quelle différence entre anagramme et logogriphe ?

Il faut que je galope sur la planche de bois, que je trace des rigoles sans donner dans le ripage. Dès lors la désinvolture de ma monture sera royale. Je logerai dans cet extrait de la forêt un chant à la gloire des girolles, un opéra clinquant pour Hilary Clinton, un Gloria pour louer les renards de ce monde qui, au lieu de voler des poules même pas de luxe, font glapir les joueurs de pétanque, la blanche Ophélia non plus flottant comme un grand lys mais chevauchant une moto. Sa Harley pilera devant la pergola de Chantal Ladesou et, parole, elles sauront se plaire en dépit des harpies homophobes

L’horizon élargi par la course verra paraître dans le ciel la comète de Bill Haley. Et je serai hilare d’avoir pondu en dix minutes ce qui me prend en général une semaine !

Se poilera-t-on de ce pliage ? L’important est-il de plaire ? D’être prolixe ? De se plagier ? D’atteindre un nouveau palier ?

Quelle que soit la réponse, n’en faites pas un fromage : le hâloir est déjà plein et on pigera vite ma hâte quand j’aurai dit que je retourne tout à l’heure explorer les trésors du Trégor ! Et ce ne sera pas pareil que la dernière fois : il y aura du soleil !





CONSIGNE 2526-27 DU 19 MAI 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

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Sub/Objectif n° 5


Sub/objectif est une revue de photographie de l'Université de Rennes dans laquelle on publie des photos argentiques, essentiellement en noir et blanc. Nous avons ôté les agrafes centrales de ce portfolio. Pour les besoins de l'édition les photos se sont trouvées associées deux par deux sur une feuille 21 x 29,7 cm au format paysage. Le hasard fait donc voisiner une image de montagne et une boîte aux lettres, un chat et un chien, etc.

Le hasard ? Un simple voisinage ? Peut-être, mais vous qui êtes le "Deus ex machina" ou un·e écrivant·e imaginati·f·ve ce jour, vous allez nous raconter le lien qui existe entre ces deux photos, ce qui se passe entre les deux. Rédigez un récit qui sera inspiré et illustré par ces deux photos.

































 



Ite missa est (Défi du samedi n° 923)





La Walkyrie est une déesse teutonne qui porte des boucles d’oreilles en émail peint. Sur ces boucles d’oreille on peut voir représentée la même walkyrie qui porte des boucles d’oreilles en émail peint. Et sur les boucles d’oreilles on voit représentée la même walkyrie qui porte des boucles d’oreilles en émail peint.

Voyez comme je suis sympathique ce jour : je ne tire pas plus à la ligne que cela alors que je pourrais. C’est que, vous l’aurez compris, nous avons ici un très bel exemple de ce qu’on appelle la mise en abyme.

Mais je ne vais pas en faire tout un fromage. Je ne suis pas du genre qui avale Kiri.

D’allure guerrière, quelque peu dominatrice, la walkyrie adopte volontiers, lorsqu’elle s’accouple à un partenaire de sexe masculin, la position n° 32 du kamasoutra dite « A la Montmartre » : c’est elle qui monte dessus. Quand cela a lieu au sein d’une partouze, on parle alors de la fameuse « Chevauchée des Walkyries ».

Des wannes de ce genre-là, je pourrais vous en livrer des wagons mais je suis sûr et certain qu’à la longue, ça vous porterait sur les wagnerfs.

Aussi ne chercherai-je pas plus à vous assommer de bêtises. Je ne serai pas de la walkyrie le clown.

Simplement je me souviendrai que le mot « walkyrie » rapporte bonbon au scrabble mais il faut être sacrément chanceux pour tirer trois lettres de valeur 10 et pouvoir les poser en faisant un scrabble ! 35 points + 50 ! Je vais prier abondamment pour que ce miracle m’arrive.

Dans ma grande naïveté je croyais aussi que la Walkyrie Te Kanawa était une pure mozartienne mais il s’avère qu’elle a aussi chanté Wagner. Personne n’est parfait.




Enfin, un bon conseil. Si dans 26 semaines on vous propose de plancher sur le mot Walhalla, ne le faites pas, n’y allez pas ! C’est un endroit infréquentable. Moi qui suis calembouriste, qui vis en Bretagne et qui, de ce fait, suis insupporté par les sons mêlés de la bombarde et du biniou des Assurancetourix locaux, je vous préviens : dans le Walhalla, la walkyrie ailée y sonne !

CONSIGNE 2526-26 DU 12 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

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Disparus du Larousse

 

L’animateur vous gratifie d’une liste de cinquante mots retirés du dictionnaire Larousse.



archifou adj - azedarac nm - baisure nf - bandoline nf - bégueulerie nf - bonace nf - bredi-breda adv - brusquembille nf - cagnarder v - calembouriste nm - canezou nm - capucionière nf - caracole nf - cispadan adj - clabauderie nf - clifoire nf - cric-crac nm - dansomanie nf - débaucheur nm - décaméron nm - dépilatif adj - diaphanéité nf - ducaton nm - duriuscule adj - Ébaudissement nm - ecclésiastiquement adv - échauffant adj - effondrilles nf - esquinancie nf - estocader v - étanfiche nf - ethiopique adj - étoupillon nm - exapole nf - fagotin nm - falarique nf - faluner v - fanfan nm - fantasquement adv - farcineux adj - festoyer v - figuline nf - flûter v - folâtrerie nf - fontange nf - galactomètre nm- galimafrée nf - gargoussière nf - gastrolâtre nm - génésiaque adj - gracioso adv - guenuche nf

 

1) Il vous est demandé d’écrire un texte dans lequel vous les utilisez alors que vous ignorez leur définition. Écrivez un poème, un texte surréaliste, appuyez-vous sur un schéma existant, une chanson, un conte... Laissez-vous bercer par leur sonorité.

 

2) Il vous donne ensuite la définition de ces mots. Cette fois-ci intégrez-les dans un autre texte (ou dans la suite du même) mais en connaissant leur définition et en respectant leur sens.

 

 

archifou adj : extrêmement fou

azedarac nm : arbre de la famille des méliacées

baisure nf : endroit où un pain en a touché un autre dans le four

bandoline nf : eau visqueuse pour lisser les cheveux

bégueulerie nf : caractère, air d’une bégueule

bonace nf : calme de la mer

bredi-breda adv : trop vite (raconter une chose bredi-breda

brusquembille nf : sorte de jeu de cartes

cagnarder v : vivre dans la paresse

calembouriste nm : faiseur de calembours

canezou nm : corsage sans manches

capucinière nf : maison de capucins

caracole nf : mouvement en rond qu’on fait exécuter à un cheval

cispadan adj : qui est en deçà du Pô

clabauderie nf : criaillerie importune et sans raison

clifoire nf : Espèce de seringue que font les enfants avec du sureau

cric-crac nm : bruit que fait une chose qu’on déchire, qu’on casse

dansomanie nf : passion, manie de la danse

débaucheur nm : qui en débauche un autre

décaméron nm : récit d’événements survenus dans un espace de dix jours

dépilatif adj : qui fait tomber les poils, les cheveux

diaphanéité nf : qualité de ce qui est diaphane

ducaton nm : ducat d’argent

duriuscule adj : un peu dur

ébaudissement nm : grande réjouissance

ecclésiastiquement adv : en ecclésiastique

échauffant adj : se dit des aliments et remèdes qui augmentent la chaleur animale

effondrilles nf : dépôt qui reste au fond d’un vase après l’ébullition ou l’infusion

esquinancie nf : violente inflammation de la gorge

estocader v : porter des estocades

étanfiche nf : hauteur de plusieurs lits de pierre qui font masse dans une carrière

ethiopique adj : d’Ethiopie

étoupillon nm: petite mèche introduite dans une pièce d’artillerie pour éviter l’humidité

exapole nf : contrée qui renferme six villes principales

fagotin nm : singe habillé que les charlatans exhibent dans les foires

falarique nf : arme de trait incendiaire chez les Francs

faluner v : Répandre des débris de coquilles utilisés comme engrais dans un champ

fanfan nm : petit enfant

fantasquement adv : d’une manière fantasque

farcineux adj : qui a le farcin une sorte de gale qui vient aux chevaux et aux mulets

festoyer v : bien recevoir quelqu’un, le bien traiter

figuline nf : ouvrage de poterie

flûter v : jouer de la flûte ; cri du merle : pop. boire

folâtrerie nf : action, parole folâtre

fontange nf : nœud de ruban qu’on place sur la tête

galactomètre : instrument pour mesurer la qualité du lait ; pèse-lait

galimafrée nf : espèce de fricassée composé de restes de viande

gargoussière nf : sorte de gibecière où l’on met les enveloppes contenant la poudre d’une bouche à feu

gastrolâtre nm : gourmand ; celui qui fait un dieu de son ventre

génésiaque adj : qui se rapporte à l’origine du monde

gracioso adv : gracieusement (en musique)

guenuche nf : petite guenon

La Livraison de cidre (Défi du samedi n° 922)





Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais, je l’avoue avant qu’on ne me torture, je ne participe que de loin à la bonne marche du monde. C’est trop dangereux. Au siècle dernier on m’a envoyé faire le guignol pendant un an à Mourmelon-le-Grand. J’aurais pu y devenir une victime de l’adjudant Chanal de sinistre mémoire. Le treillis militaire m’allait comme une robe en steak à Rika Zaraï, paix à son âme et à son saint-bain de siège.

C’est pourquoi, bien que membre de l’association des Tisseurs de contes, je ne me suis pas inscrit comme bénévole pour le festival « Fabula » qui a lieu ce week-end à Rennes. J’irai donner un coup de main à 17 heures, je ramasserai les chaises, j’essuierai la vaisselle comme je fais d’habitude si on me le demande mais je ne veux pas faire partie d’une équipe avec un ordre de mission. C’est ça le luxe. Pour le calme, c’est mieux d’être tout seul et pour la volupté, ma recette est top secret.

Cependant, je peux arguer d’avoir fait partie de l’équipe « Descente de bouteilles » du festival. Je m’en vais vous narrer ça.



***

Je suis tranquille ce jeudi matin sur mon ordinateur à nettoyer des enregistrements du concert donné la veille quand la sonnette de la rue retentit. Je vais à l’interphone et une voix féminine me prévient que c’est pour la livraison de cidre Coat-Albret.

- Oui, je descends.

Ma colocataire qui me connaît bien mais communique peu sur les aspects matériels et administratifs de la vie qui, c’est vrai ,ne me font pas sauter de joie au plafond, ne m’a pas laissé d’informations au sujet de cette livraison. Une fois le portail ouvert, je tombe nez à nez avec une charmante jeune femme en tablier qui a déjà sorti quatre cageots de bouteilles pleines sur un diable.

- Où est-ce que je les entrepose ?

- Attendez, je remonte chercher la clé du garage.

L’Histoire ne retiendra sans doute pas grand-chose de Jacques Chirac, un grand flambard qui a bien profité de la vie et du pouvoir. Moi j’ai juste retenu son dicton selon lequel les emmerdes volent en escadrille. Évidemment, Marina Bourgeoizovna qui est partie faire les courses en voiture pour ce satané festival a emmené la clé du garage avec elle. Ça c’est l’emmerdement n° 1.

Je me rabats sur la cave et je redescends avec la clé. Là je tombe sur l’emmerdement n° 2. Bien qu’il ne pleuve jamais en Bretagne, de l’eau est tombée du ciel depuis deux jours sans discontinuer. Du coup l’entrée de la cave est inondée d’au moins cinq bons centimètres de flotte.

Heureusement je traîne chez moi pieds nus et en claques. Me voilà donc parti pour un très imprévu marathon de transbordement. Parce que des cageots de douze bouteilles il n’y en n’a pas que quatre. Il y en a quatorze. Plus quatorze cubitainers de jus de pomme mais eux je peux en porter deux à chaque fois.



A la fin de la corvée l’entrée de l’immeuble est une vraie pataugeoire et l’escalier de la cave rivalise avec les chutes du Niagara question taux d’humidité.

J’explique à la livreuse que ce n’est pas pour ma consommation personnelle mais pour un festival de contes mais je me demande si ce n’est pas plutôt un festival d’alcooliques.

Il s’avère que je n’ai rien à signer – ni à payer, heureusement ! – et nous prenons congé.

Sur le coup de midi, quand elle revient des courses j’informe ma coloc de la livraison. Vous, je ne sais pas, mais moi je déteste de plus en plus les colères des natives d’un signe de feu (Madame est bélier deuxième décan alors que moi quand je la vois faire des éruptions volcaniques comme ça, je me sens comme le dernier des cons).

- Mais c’était pas ici qu’il fallait livrer, c’est à la ferme de la Harpe ! T’aurais pu m’appeler !

Voilà que ça va être ma faute maintenant ! Le détroit d’Ormuz et Tchernobyl aussi, pendant qu’on y est ?

Furibarde, il n’y a pas d’autre mot, elle rappelle M. et Mme Coat-Albret et les incendie au téléphone. Elle obtient qu’ils repassent dans l’après-midi reprendre les cageots et les cubis pour les emmener à Villejean.

***

« On est toujours trop bon avec les femmes ! » a décrété Raymond Queneau dans ses œuvres de Sally Mara (pourquoi j’ai retenu ça, moi ?). Moi je suis un modèle du genre inverse.

A la fin du repas, avant que je n’aille prendre le bus pour aller faire ma partie d’échecs hebdomadaire, je lui propose de remonter les cageots de la cave dans le garage pour qu’elle n’ait pas à se mouiller les arpions en présence du livreur.

Et donc j’ajoute à mes cannes d’avant-festival une épreuve de vingt et une montées des marches avec un cageot au bras comme le fait si bien ….. ….. [inscrivez ici le nom de l’acteur ou actrice que vous détestez le plus dans la profession cinématographique, sachant que pour Gérard Depardieu il faut compter plutôt en camions-citernes qu’en cageots].

Voilà les faits. Qu’eût-ce été si j’avais été du genre valétudinaire !

Quand même ! S’il y a une deuxième édition de « Fabula », je demanderai à Mme Anne-Marie, l’organisatrice en chef, de prévoir une équipe « Descente de bouteilles... pour les remonter une heure après ». Si on barre la deuxième partie de l’intitulé, je suis sûr qu’il y aura des amateurs pour me filer un coup de main !





CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 

Bretagne interdite


L’animateur vous remet un choix de photographies tirées du programme des expositions 2026 de Bretagne musées, le réseau des musées bretons. Elles représentent des œuvres d’art, tableaux, sculptures, photos, objets.

Vous en choisissez une ou deux ou trois pour en tirer de l’inspiration pour un texte (ou plusieurs) mais attention car il vous est interdit d’utiliser les mots suivants dans votre contribution :

bateau – Bretagne - exposition – mer - musée – portrait