Et tout le fournil ment ? (Défi du samedi n° 906)

Le boulanger dans son fournil
Aime-t-il
Plus que nous, les boute-en-train,
Se trouver dans le pétrin ?


Pour réussir un pain polka

Doit-il écouter du Chopin ?


De la musique de baluche

Pour fabriquer une faluche ?


Une sonate de Beethoven

Pour pétrir un pain sans gluten ?


Qu’advient-il

Si son mitron

Est un adepte du litron ?


Pourquoi se sent-il lessivé

Quand il a fait du pain azyme

Pour les gloutons ?



On peut connaître

Toutes les ficelles de son métier

Et être perdu

Quand on vous dit

Que le pain à la grecque

Est une spécialité de Bruxelles !




Mais surtout

Où est passée sa Pomponnette ?

Partie battre la campagne ?

Mener un mâle à la baguette ?

Fabriquer d’autres bâtards,

Pâton rimant avec chaton ?


La disparition de la minette

Gâche sa journée,

Gâche sa fournée.

Il n’a plus le coeur au boulot

Et l’impression très peu fougasse

Qu’il se trouve au bout du rouleau,

Roulé dans la farine,

Dans un désespoir complet,

Sans munition devant la gruauté du sort,

A ne plus émettre aucun son.


Quand on a mangé son pain blanc

Et chanté « Noir c’est noir »,

Quand on trouve le thé au harem sans pita gore,

Ne reste plus alors

- on ne fait pas les choses à demie

dans l’échec -

Qu’à mettre la tête

Dans le four

Ou à entamer la lecture

De « La Légende des seigles » de Victor Hugo.


Ou à se tirer un coup

- histoire belge ? -

De pistolet ?






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