Dix-sept kilomètres et cinq-cents mètres en deux versions (Défi du samedi n° 885)

 

On s’était perdus.

Ou plutôt on nous avait perdus. Pas de balise sur le chemin forestier, une bifurcation à droite alors qu’il fallait poursuivre tout droit...

Bref on était perdus.

A force que je dise, en le faisant exprès, une bêtise par phrase, On n’écoute plus jamais ce que je dis, même quand c’est la voix de la Sagesse qui parle à travers ma bouche.

« Bien fait pour ta g… !» me susurre-t-elle à l’instant, la voix intérieure. La Sagesse est malpolie et emploie des verbes dont l’orthographe est compliquée vu qu’ils ne s’écrivent pas comme ils se prononcent.

- C’eût été bien mieux de descendre par la route départementale n° 3. Il faisait beau et chaud, il y avait très peu de circulation et on arrivait tout droit au village de Faux-la-Montagne où nous avions établi notre campement de base.

Mais On ne m’a pas écouté.

***

Bien entendu, on aurait pu raconter les choses autrement :

Publié le 22/08/2025 à 12:00
Le Petit écho de la Creuse

Sous un soleil éclatant qui apportait une note encore plus colorée à cette cérémonie de passage en perdition du 1er Régiment d’investigation pédestre (RIP), un parterre de feuillages de toutes couleurs et de différentes essences d’arbres et de nombreux animaux sauvages discrets dont Martine Mouetterieuse, représentant la municipalitailée, Alain Byrinthe, maire de La Queue du Tour, et le commandant de gendarmerie Rubarré s'étaient réunis autour de la petite clairière d’Ouskonédon dans la forêt du Colonel Légaré sur la base de Faux-la-Montagne.

***

En plus c’est On qui avait la carte.

Quand on est sortis de la forêt on a trouvé une route. Un petit pont passait par-dessus un gros ruisseau canalisé. On a mis du temps à comprendre qu’on était sur la Départementale 85, entre La Sagne et la bifurcation vers Bessat, là où la carte indique l’altitude de 715 mètres. Alors on a cherché l’entrée du chemin blanc qui permettait de retrouver la D 3 un peu après le point « altitude 758 ».


- Et merde ! qu’a commenté la Sagesse. Va falloir remonter en plein cagnard !

Ce fut effectivement assez interminable. Pendant que je suais ou prenais des photos de la flore ambiante On galopait devant.

***

Continuons le récit parallèle. En moi habite la Sagesse mais loge également la Fantaisie surréaliste et collagière !

Le général de brigade Lafeuillade, commandant la 11e brigade perditionniste présidait à ce dernier hommage rendu par les hommes du 1er R.I.P. à leur chef, le colonel Bonnet. Cette journée exceptionnelle était toute empreinte d'émotion et de pas perdus pour tous ces militaires qui, en deux ans, avaient appris à connaître et à estimer cet ancien « scout de France », figure de proue d'un régiment d’ibis railleurs et de moules nébuleuses. Clodoaldien d'origine, il est passé par trois fois à la base de Faux-la-Montagne : 1983, 1990 et 2001 où il avait pris le commandement du 1er R.I.P. avant de rejoindre désormais Redon en tant que chef de bureau logistique au commandement de la force d'évacuation des souks parentéraux. Chevalier de la Légion d'horreur et chevalier dans l'Ordre national du J’hérite, le colonel Bonnet a participé à plusieurs campagnes d’égarement : Vallée de l’Inferno près Charleville-Mézières en 2018, fabrication de pro-thèses pour les chevaliers paysans du lac de Paladru en 2015, plateforme multimodale d’Oignies en 2012, Puy-de-Sancy sous la pluie en 1978 et Sahara algérien en 1975 (opérations dites de la rue de la Soif).

Pour lui succéder, le colonel Blanchon arrive de Coëtquidan où il assumait les fonctions de professeur de groupe au diplôme de fausses cartes d'Etat-Major puis rédacteur au centre d'examen et d'enseignement extérieur des défèque-niouzes. Ce Parisien d'origine, lui aussi chevalier de la Légion d'horreur et chevalier dans l'Ordre national du J’hésite a deux campagnes à son actif : l’Italie où il fut blessé à la bataille de Solféo-Torino en peignant un faux drapeau monégasque sur l’arbre d’un propriétaire irascible qui ne l’entendait pas de cette oreille et l’Egypte d’où il ramena le nez retrouvé du sphinx de Gizeh et un obélisque magique permettant de vérifier que tout concorde dès qu’on a mis les choses en place.




***

De fait le soir au camping tout rentra dans l’ordre.

- Quelle importance qu’On se perde si tu es perdu avec elle ? a pondu la Sagesse. Que vous ayez marché dix kilomètres ou dix-sept kilomètres cinq-cents, le monde entier s’en contre-fout. Pendant que vous avez fait ça, au moins, vous avez foutu la paix aux Ukrainiens et aux Gazaouis ! Non ? »

Je n’ai pas répondu : j’étais mort de fatigue.



***

Après la prise d'oreiller et la fermeture des châsses eut lieu la passation aux bras de Morphée avant le défilé des ronflements bien guidé par les musiciens du 1er R.I.P que l'on ne cesse d'applaudir pour la qualité de leur prestation.


N.B. La trame originale de la version 2 se trouve ici :



En voiture, Simone ! (Défi du samedi n° 884)




« Karl Marx et Patrick Modiano, tu les vires par la porte, ils reviennent par la fenêtre ! ».

C’est très particulier de pondre une phrase comme celle-ci à partir d’une photo de tulipes et d’un vieux répertoire téléphonique ayant appartenu à Madame Gallinatcheva.

C’est bien sûr indépendant du fait que Fanfan la Tulipe, héros incarné à l’écran par Gérard Philipe (avec un seul p pour que la rime soit plus riche), était une idole dans les familles communistes des années 1950-1960. Nul n’est besoin de revenir là-dessus ni sur l’adaptation en bandes dessinées de cette histoire signée par Gaty et Nortier. C’était un très bon et bel acteur, immortalisé par Larousse (Petits classiques) dans son costume du Cid, pour qui même les bonnes bourgeoises avaient les yeux de Chimène.

Si Karl Marx repointe son museau c’est surtout à cause de la notion de transfuge de classe. C’est parce que ce tableau fait penser, d’emblée, à une décoration de chambre d’hôtel.


- Et alors ? demande notre ami François Fillon.

Alors l’hôtel et le restaurant, il n’y a pas mieux comme endroits, pour qui vient de la raffarinesque France d’en bas, pour se sentir, une nuit ou deux heures durant, à égalité avec le bourgeois, ne fût-il que petit.

***

Si Patrick Modiano sort, bien involontairement, de son silence de nobélisé, c’est que l’agenda de Mme Gallinatcheva nous plonge dans une époque révolue, celle où les numéros de téléphone ne comportaient que quatre chiffres.

On peut y lire ceci :

« Aiguebelette. Chez Michelon (Hôtel-restaurant) 73610 La Combe. Tél. 79 36 05 02 »

Figure également, à droite, à l’encre rouge, l’appréciation T.B. pour « Très bien ».


Si vous devez aller en Avignon le guide G. – appelons comme cela l’aide-mémoire gastronomique et logis-tique de Madame Simone ! – vous conseille :

L’Hôtel de Garlande 20, rue Galante tél 90 85 08 85

Un séjour en Tunisie vous tente ? Une étape aux îles Kerkennah vous agrée ? Essayez l’hôtel Cercina, 1 rue Sidi Fredj tél. 81 028 !

Si j'étais Patrick Modiano je vous recopierais ici tout le répertoire avec des liens vers les sites webs des hôtels qui, pour la plupart, existent encore !


- Et alors ? insiste l’ancien maire de Sablé-sur-Sarthe.

Alors Mme Gallinatcheva s’est bien transfugée ! Il y a dans ce carnet plus d’une centaine d’adresses dont certaines dans des villes très marquées « tourisme improbable » (Châteauroux, Bagnoles-de-l’Orne, Jalogny, Saint-Nazaire-le-Désert) mais aussi Djerba, Venise, Paris – quatre pages ! - et Tübingen.

Alors il y a aussi, ailleurs-partout dans la maison, des tonnes de photos, d’albums et de boîtes de diapos ramenées de voyages en Syrie, Pologne, Italie, Tunisie, Egypte…

Alors on ne prononce pas les mots « bilan carbone » dans la maison d’une dame décédée vu que les morts sont tous des braves types et que c’était la plus aimable des dames que le narrateur ait connues. De plus on a bien raison, toutes et tous, de profiter de la vie tant qu’on ne nous a pas démontré par A + B que « la mort c’est mieux ! ». L’intelligence artificielle pourrait peut-être répondre à cette question-là mais on a autre chose à faire ces temps-ci que de s’adresser à une machine plus ou moins idiote.

- Quoi donc, Joe Krapov ? Qu’est-ce que tu as de mieux à faire que de jouer aux échecs contre le « bot » de Lichess.org au niveau 4 qui n'est rien d'autre qu'une i.a. ?

- Rêvasser, m’interroger sur les "Bien, Assez bien ou Très bien"  qu’elle attribuait dans son carnet. A quoi s’appliquaient donc ces notes écrites en rouge ? A la literie ? Aux repas ? Aux prestations sexuelles de son amant du jour ? A l’ensemble ?

Peut-être cela ne concernait-il que la décoration de la chambre ! Combien aurait-elle mis au tableau des tulipes ?

Si c’est la bonne hypothèse, convient-il d’aller vérifier en Aguessac (Aveyron) si les murs du motel les Artys sont désespérément blancs et dénués de tableaux accrochés au-dessus du lit ? L’établissement n’a pas reçu de note.




***

Je ne saurais terminer ce billet fort irrespectueux envers ma belle-mère préférée sans mentionner deux souvenirs personnels récents.

Grâce à l’artiste Brigitte Baudère des lambeaux de papier peint - provenant peut-être de chambres turpitudesques -, très artistiquement assemblés entre eux, se sont trouvés exposés… dans l’église de Faux-la-Montagne ! Mais on est où, là ? !



Dans cet hôtel de Tours où on nous avait attribué, Dieu sait pourquoi, deux lits séparés, était-il bienséant de positionner au-dessus de nos couches cette peinture érotique à effet aphrodisiaque immédiat ?

OK, je sors !



Je roule pour vous ! (Défi du samedi n° 883)


Resituons les choses :

A. L’oncle Walrus a une fille. Celle-ci a eu l’idée sotte et grenue d’épouser un natif de Bretagne et de le suivre ou rejoindre sur la côte de granit rose, à Trévou-Tréguignec, près de la plage de Trestel, mais ne soyons pas trop précis car l’IA profiterait de notre science et moi je suis comme Michel Audiard qui disait «Je ne parle pas aux cons, ça les instruit».

B. Le témoin de mariage de Joe Krapov et Marina Bourgeoizovna se prénomme Anita et habite à Lannion dans une rue au nom imprononçable pour qui n’est pas un Bretonnant ou une Bretonnante (je mets des majuscules pour ne fâcher personne et surtout pas les Nantais·e·s).

Tant qu’à faire de visiter la famille et les amies dans les Côtes d'Armor, l’oncle et le neveu en profitent pour randonner, marcher, aller voir toutes les ressources touristiques du coin qui n’est pas un des plus moches endroits du monde.

Posons le postulat : on ne voit pas tous les mêmes choses.


Par exemple, ce menhir. En quarante ans de fréquentation des trésors du Trégor, à raison de deux ou trois séjours dans l'année, nous avons bien dû aller faire vingt fois le tour de l’Île grande, tout à côté, et donc être passés devant sans que je me souvienne de l’avoir photographié une seule fois !

Ce n’est pas grave, mon oncle Walrus roule pour moi et il nous fait cadeau cette semaine de cette photo compromettante : ce n’est certes pas Obélix qui a gravé ce symbole cruciforme en haut du bloc de pierre mais de braves croyants du XVIIe siècle qui ont cru bon de taguer-détourner-récupérer ce monument païen au profit d’une secte qui a plutôt bien réussi.

L’oncle Walrus roule pour nous ! Pierre-André Bourgeoizov aussi ! Lui c’est le grand-père paternel de mon épouse et il a fait la même photo entre 1935 et 1940. On y voit même, si on agrandit un peu, la représentation peinte de la passion du Christ. C’est fou de penser que le gamin en culottes courtes et polo blanc a aujourd'hui 97 ans !


L’air de rien, quelles que soient nos religions, on fait tous, sans même y penser, œuvre de partage communiste de nos souvenirs de voyage.

Petr Petrovitch Bourgeoizov, fils du précédent, est allé plusieurs fois à Venise. Sans vouloir critiquer, il n’a ramené que trois photos moches de l’île de Burano où j’ai, personnellement, amassé des tonnes de clichés de ce que je considérais être le plus bel endroit du monde.


Par contre lui est monté en haut du campanile de la place Saint-Marc et a donc ramené de magnifiques vues quasi-aériennes de Venise que je partagerai bientôt sur mon blog.

Moi qui me suis déplacé de cinq cents kilomètres cet été, que pourrais-je vous offrir cette semaine qui vous fasse penser que j’ai roulé pour vous ?

Tiens, restons dans cette ambiance très « peace and love » avec cette sculpture sur bois des bords du lac de Vassivière !


J’y ajouterai juste le tigre qui monte la garde dans le hameau de « Sauvazons la Plazanet » !





Les Trois Grâces (Défi du samedi n° 881)





La zythologie qui, rappelons-le, est la science de la bière, n’utilise pas le même vocabulaire que l’œnologie qui s’occupe du vin. D’un côté on dit jaja, de l’autre on parle de bibine ou de pipi de chat quand iel est tiré·e et qu’il faut le·la boire.

Plus que pour le vin on tient compte pour décrire une bière de sa couleur : blonde, brune, ambrée, blanche ou rousse.

Chacune a son caractère, peut vous mettre le coeur en goguette, être servie à la guinguette en quantité telle qu’en sortant vous marchez de guingois et avez quelquefois, le lendemain matin, une belle gueule de bois.

Il y a des gens qui ont le vin triste. La bière rend toujours gai sauf si un de tes parents se retrouve couché dedans. On parle alors de l’amertume de la bière. Ou de client ivre-mort.

On ne dira jamais d’une bière, comme on le dit d’un vin, qu’elle a de la cuisse, qu’elle est bien charpentée, qu’elle a du corps.

Et pourtant, oui, proclamons le sans peur, la Guinness est un peu épaisse ! La Desperados ne rend pas sac d’os ! La Grimbergen fait péter les gaines tout comme la Goudale désespère Scandale. On se sent vite à l’étroit avec une Stella Artois. La Leffe donne de jolis reliefs. La Pelforth rend les femmes fortes. La Pilsner Urquell laisse quelques séquelles. La Chouffe te donne un look de ouf. La Jenlain, bière de garde, fait que l’on te regarde.

Choisis ton carcan, camarade… anorexique !

Les trois Grâces que l’on voit ici assument de se faire mousser, la chope à la main, ou lèvent bien haut le mot « fière » avec leur verre empli de bière. Thalie, Euphrosyne et Aglaé sont les filles de Bacchus et de Vénus. Pour dispenser aux humains l’égalité d’humeur, la bonne grâce, l’éloquence, la joie de l’âme, la sagesse et la reconnaissance on n’a pas besoin de mettre les formes.

Mesdames, détestez les diktats de la mode ! Assumez la largeur de votre garde-robe ! Choisissez l’allure de votre valseur ! Détestez les faux derches qui inventent les normes ! Soyez rabelaisiennes, ubuesques, imposez leur l’hénaurme ! Soyez plus babas cool encore que Mama Cass !




Entrez dans les ordres mais dans vos ordres : choisissez d’être triple carmélites ou, comme ici, trois dra-gueuzes allant, biques, boire des bocks à la brasserie à s’en faire péter la brassière !

Tant pis si dans le Beaujolais un proverbe dit « prendre son lit pour une tirelire en mettant un gros soûl dedans » et si François Hardy vous invite à écouter de la musique soul à rouler par terre !

Il y a un point sur lequel l’œnologie et la zythologie sont d’accord : ce sont des liquides qu’il ne faut pas boire cul sec !

***

Voilà. J’ai fesse que j’ai pu. J’ai rebondi sur cette image des trois grâces en évitant peut-être le piège qui se trouvait derrière. Je ne doute pas que le texte produit par Vegas-sur-Sarthe sur ce même sujet aurait été plus truculent voire succulent. De mon côté je n’ai sans doute pas décroché la lune mais je pense que mon texte est resté séant et ne mettra pas plus que ça en pétard les dames qui écrivent et lisent par ici. Du moins l’espéré-je ou « l’asperge » comme je dis toujours quand on me demande de plancher en prose ou en vers sur une image qui représente trois femmes maigrelettes en train de se shooter au Mediator dans une forêt de bambous !






L'Horloge comtoise (Défi du samedi n° 880)





« Si tu n’as pas une horloge comtoise à cinquante ans, tu as raté ta vie ! ».

Je ne sais pas qui c’est ce gars-là qui a pondu ça mais à force de faire le Jacques et d’énoncer des sentences aussi idiotes à l’heure ou l’heure figure sur tous les téléphones et les ordinateurs, on voit bien qu’il n’a pas le sens pratique. D'un autre côté, certain des types à qui il a fourgué ses recettes se sont retrouvés entravés par un bracelet... électronique !

La pendule trône dans la salle à manger du nonagénaire. Elle a été achetée par son grand-père. Il y a une histoire concernant cet achat ou le trajet pour la ramener à la maison mais je l’ai oubliée.

C’est que chez ces gens-là, Monsieur, comme dirait un autre Jacques qui lui n’étais pas une brèle, on écrit mais on ne raconte pas sa vie… sauf à table.

C’est dommage. On a entendu plein d’histoires sur Louis de Funès, Achille Zavatta mais il n’y a pas de prescription quand il y a proscription : le fonctionnaire a un devoir de réserve et n’écrira pas ce qu’il sait.

On est assez d’accord sur le fond et sur le fait que les morts sont tous des braves types.

En attendant, tandis que la pendule au salon disait oui disait non, le temps a passé, les générations se sont suivies et ne se ressemblent pas. Tout ce qui s’est entassé dans un innommable désordre et dans les différentes pièces de cette maison, ça va nous rendre fous et folles.

Moi je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais maintenant que j’ai vu « en vrai » la table du Dr Zigmund, je suis prêt à m’allonger sur son divan et à dire « J’ai mieux chez moi » : j’ai la sacoche de Marie-Louise, les deux boîtes de gelati Motta de Geneviève, les plaques de verre de Paul-André, sa boîte Alsace avec les mini-albums, le classeur vert, l’album rigide, la boîte archives, la boîte rouge, l’album rouge, l’album marron, les fiches perforées, la boîte marron, la boîte à chaussures Impulse…

J’ai descendu tout ça dans la loggia et sur mon bureau, histoire de retrouver les photos originales d’«Il était une fois» et de «Chemins d’enfance» et de me servir de tout ça pour présenter un de ces jours – EN NUMÉRIQUE ! - une photothèque rangée chronologiquement.

Comme dirait Fernand Raynaud, « Ça va prendre un certain temps ». La comtoise va encore faire sonner un certain nombre d’heures.

Comment ?

Ah oui, c’est vrai elle ne marche plus. On l’a gardée parce que chez ces gens-là, Monsieur, on ne jette rien : tout peut toujours servir !

Ne serait-ce qu’à pondre un billet pour le Défi du samedi !

Pas encore tout à fait amnésique. 18, Les Chiens (Défi du samedi n° 879)


Les gens qui ne se souviennent pas du prénom d’Alzheimer – Alois, tu parles d’un blase ! – n’ont pas à se poser cette question qui me taraude à chaque fois que j’ajoute un chapitre à cette entreprise quasi pérecquienne du bistrot-mémoire thématique : mais pourquoi est-ce que je retiens tout ça ? Ça ne sert absolument à rien !

Par exemple que le chien de l’oncle Walrus soit une chienne, s’appelle Câline et soit de race Jackie Russell, je ne peux même pas le placer dans une conversation par ici. Les Bretons que je fréquente se fichent pas mal de ce que j’aie de la famille virtuelle en Belgique, de ce que, ancien latiniste, je sache traduite l’expression « Cave canem » et du fait que j’ai passé mon enfance à lire chaque semaine « Vaillant le journal de Pif » le chien.

Que, dans ce chenil « quasi communiste », j’ai pris plaisir à découvrir le Gai-Luron de Gotlib, Pifou le fils de Pif qui ne s’exprimait qu’avec « Glop ! », « Glop glop ! » et « Pas glop ! », que Raymond Mas ait pris son autonomie pour faire vivre à ce personnage sans langage des conflits avec l’infâme Brutos dans des pages autonomes, qui s’en soucie ?



« Tout ça intéresse tout ça ! » me répond-on de la rivière Kwaï, Kwaï, Kwaï, onomatopée qui signifie qu’on a marché sur la lune et sur la queue du chien.

De fait, cette pop-culture là n’a plus cours. Toutes les choses ont une fin, sauf les saucisses qui en ont deux et si tu attaches ton chien avec, des saucisses, c’est beau, superbe et généreux mais ne t’étonne pas s’il part divaguer au parc des Carmes à La Flèche !


Les saucisses ont deux bouts et les spaghetti aussi. Si un même spaghetti tombe dans la gueule d’une belle et d’un clochard, pas de doute on est bien chez Walt Disney dans le film homonyme. Si tu trouves 101 dalmatiens dans ton séjour ou quatre bassets pour un danois, c’est la même punition-diagnostic !

Que serait Tintin sans Milou ? Que feraient Astérix et Obélix sans Idéfix qui les sort de la pyramide-tombeau dans « Astérix et Cléopâtre » ? Certes, Lucky Luke peut se passer de Rantanplan mais il manquerait quand même quelque chose dans l’histoire s’il n’était pas là, non ?

Le chien du Club des cinq d’Enid Blyton s’appelle Dagobert. Et comment dans l’original anglais ? Ils ont eu des rois fainéants aussi, les British ?

Le chien de « Sans famille » d’Hector Malot s’appelait Capi.

Je me souviens de « Youhou Rintintin ! », du caporal Rusty et du sergent O’Hara.


Je me souviens de « Non mais ! Oh ! Dis ! » envoyés au chien qui pisse sur le pot de fleurs en ouverture des émissions des Deschiens.


Je me souviens que le fox-terrier blanc de Nora dans « M. et Mme Détective » s’appelait Asta.


J’ai eu la trouille comme tout le monde en lisant « Le Chien des Baskerville » de Conan Doyle. J’ai eu droit au feuilleton « Belle et Sébastien » (d’après Cécile Aubry avec son fils Mehdi) avant que ça ne devienne un duo musical dont je n’ai jamais rien écouté.

Plus tard j’ai emmené mes enfants au cinéma « Le Palace » voir « Beethoven ». Ils ont ri, moi pas vraiment, je préfère l’arrivée du 3e mouvement dans le concerto de piano n° 4 (c'est à 25 ').

Dans la vraie vie le chien noir de mon grand-père s’appelait Micky, je ne l’ai pas connu et on a perdu la photo prise sur le seuil de la maison. Celui de ma grand-mère s’appelait Charlie, celui de mes beaux-parents Plouc et celui de mon frère Nobody. Celui de Mitterrand s’appelait Baltique. Ça nous fait bien des bosses et des belles jambes, tout ça !

On m’a raconté l’histoire de quelqu’un qui avait appelé son chien Sarkozy pour avoir le plaisir de pouvoir lancer parfois :« Sarkozy ! Au pied ! »

Je me souviens de « Combien pour ce chien dans la vitrine ? » de Line Renaud, d’« Azor » d’Arletty, de « Dites-moi ma mère pourquoi les chiens dans la rue se montent dessus », du chien devant le gramophone de « La Voix de son maître », de « Hey Bulldog » des Beatles. Clifford Simak a écrit « Demain les chiens ». Le chien de Jean de Nivelle se carapate quand on l’appelle. Les Saint-Bernard ont un tonneau de rhum accroché sous le menton. Mon partenaire musical dans le duo « Les Am’nez zique » s’appelle Monsieur Le Bichon. Jacques Bodoin donnait l’accent anglais à Pollux dans « Le Manège enchanté ».

J’ai failli oublier Boule et Bill, Cubitus, Pluto, Roquet Belles oreilles, Kador et Petit caniche qui n’est pas un chien mais le compagnon indien de Chick Bill de Tibet. Je n’ai toujours pas retrouvé la Mirza de Nino Ferrer et je passe sous silence ma passion pour Snoopy de Charles M. Schulz qui m’a valu d’être surnommé ainsi un temps par une douce jeune fille disparue aujourd’hui dans les limbes.

Voilà, j’ai posé ma balise Argos, je me sens « heureux qui comme Ulysse » mais mon voyage n’est pas fini : bon été à tout le monde ! Le conseil de la semaine sera : « Mangez sain, n’abusez pas du hot-dog, même s’il fait un temps de chien ! ».




C'est l'été, enfin ! (Le Défi du samedi n° 878)

 




Alors ? Ce Défi sur le molleton,

S’y colle-t-on ?


C’est que cela n’est pas coton

Par ces chaleurs que nous avons

D’aller filer des métaphores

En même temps qu’la lain’ de mouton !


C’est tentant de botter en touche,

De s’allonger sur le gazon,

D’y relire Franz Taffetas

Ou « Les Trois moustiquaires »

Voire de s’envoyer « Le Soulier de satin »

Plutôt que de broder

Sur Gabardine Martin,

Sur Richard Burlington,

Sur Popeline Carton

Ou sur Paul Desflanelles.


C’est vraiment très facile de chambray le patron :

Tranquille comme batiste

Il joue sur du velours

Rien ne l’interlocke

Et il rétorque à nos critiques

« Viscose toujours ! Tu m’intéresses !

 Tous les mots que je propose

Sont tissus du dictionnaire » !



Soie ! C’est un fait

Mais batik comme nous sommes

Après l’avoir piqué (le somme)

Nous sommes aussi capables

De mettre les voiles

Vers le soleil

De laisser la cretonne aux Bretonnes,

Les crêpes dentelles

Aux danseuses de tarentelles,

Le sergé à Pontoise,

La mousseline aux Yvelines

Les robes Vichy aux folles à(l)lier

La toile de Jouy aux Josassiens

Le madras aux foulards

Et Jersey à son île


Peut-être aurions nous dû

Placer ici comme défausse

La chanson « Mademoiselle Angèle ? »





Soyons sérieux :

Rangeons le molleton

Dans la malle aux tissus

Pour l’hiver

Et terminons par un conseil :


Il se peut qu’au rugby

Dame Caroline Loeb

Et chante, victorieuse,

« De toutes les matières,

c’est la ouate qu’elle préfère »


Si le coton est hydrophile,

Si la canicule vous épate,

Ne jouez pas les imbéciles,

Ne jouez pas les hydropathes :

Buvez de l’eau, gazeuse ou plate !

Lambrisons-là ! (Défi du samedi n° 877)





Chaque mot plus ou moins scientifique proposé par le maître du Défi est toujours l’occasion pour moi de faire voler encore plus bas « la fiente de l’esprit » d’après Victor Hugo, à savoir manier le calembour avec joie. « C’est comme les cochons », ajouterait Jacques Brel.

C’est que voyez vous, je n’ai jamais posé de lambris à Meaux. Et de mon ignorance en matière de lambricolage, je ne vais pas faire tout un fromage. Tout le monde a ses limites. Je connais un dentiste qui ne sait pas jouer au lambridge. Marcel Proust n’a jamais compris pourquoi les éditeurs lui disaient : "Écrivez plus lambrièvement » !

Dans « Les Lambrigands » d’Offenbach y a-t-il quelque chose d’étonnant à ce que les carabiniers arrivent toujours en retard ? Surtout en sachant que Georges Moustaki n’a jamais lambrigué autre chose qu’un hamac !

Je ne suis pas du genre à aller sur les lambrisées des contempteurs énervés. Je tolère tout ! Peut me chaut que Lambrigitte Macron soit LGBTQIA+WXCVBN ! Ce n’est pas grave si Jane Birkin était lambritannique, ça avait son charme.

Les idées politiques de Lambrigitte Bardot, je m’en fiche comme de ma première robe Vichy ou de ma première bouteille de lambrillantine !

Qu’elle agite sa loque à poussière, sa serpillière ou sa wassingue en Belgique ou dans les Hauts de France, que la gueuse lambrique ou pas, ce n’est pas mon problème !

L’important c’est que c’est l’été, les vacances : je vais enfin pouvoir bosser pour moi seul… ou ne rien faire. Je vais même peut-être aller réemprunter à la bibliothèque le DVD de « Lambrigadoon » !

Exister une fois tous les cent ans et avoir la paix le reste du temps, voilà qui me plairait bien aussi !





Musique funéraire pour banc de crevettes (Défi du samedi n° 876)




Vaste lueur sépulcrale,
Avant de nous trouver
Bouffés par de plus gros,
Plus voraces que nous

Laissez nous, - pauvres krills ! -
Nous souvenir, tranquilles,
Des pauvres barcarolles
Du temps de notre enfance !

Ne nous accablez pas
De vos karaokés
Où toujours caracolent,
Sinistres cas d’école,
Aznavour et Sardou
Qu’il nous est dur d’entendre !

Dies irae, dies illa !
Pas plus d’îles lointaines
Que de filles alanguies
Ou de colliers de fleurs
Ni même de couronne
Là où Neptune trône !

Nous refusons qu’on nous emmène
Au son d’« Hallelujah »
De Leonard Cohen
Dans le ventre de la baleine
Qui reprendrait à perdre haleine
L’heureux frein de notre existence
Décliné en lyriques stances
Auxquelles, parmi notre troupeau,
De fait, personne n’entend mot !





Écartez l’Amant de Saint-Jean !
« C’est du passé, n’en parlons plus ! »
Si, justement !
Nos funérailles et puis antan !

S’il n’y a plus d’après
A Saint-Germain-des-prés
C’est que c’était bien mieux avant,
Quand nous étions enfants,
Rêveurs, adolescents,
Métèques inconscients,
Simples amis de Georges
Et de son vieux Léon
Porteur d’accordéon.

Laissez Françoise Hardy
Et son amie la rose
L’espace d’un matin
Disserter sur les choses !

Faites taire toute parole
Et toute voix de casserole !

S’il s’agit de trouver sommeil
Dans cette immensité marine
Je ne sais plus pure merveille,
A l’instant tragique où l’on clamse,
Que la petite berceuse de Brahms
Aux sonorités cristallines.




S’il s’agit de dire « Et puis zut !»
Empruntons cet air de « La Flûte » :
Les clochettes de Papageno
Feront danser les bigorneaux !


Elles sont à 3 h 13 ' et 40 "

S’il faut s’abstenir de querelle
Et reconnaître l’existence
D’une culture télévisuelle
- Pauvre dernier lien entre nous ! -

Entrant au monde du silence,
Conjuguons, à bouche fermée,
A l’indicatif de l’absent,
Les mélodies de Vangelis
- Ben oui, le Papathanassiou ! -
Puisqu’il s’agit tout là-dessous,
Dernier récif à la Rossif,
D’apocalypse d’animaux

Ou, un peu au-dessus de ça,
S’il faut plonger en transparence,
Cet air, bien plus de circonstance,
De la matrice Thalassa !




Jubilations mandoliniennes (Défi du samedi n° 875)

Marina Bourgeoizovna qui est à la fois mon épouse devant les hommes et mon étoile filante devant les constellations s’adonne quelquefois à des activités de conteuse pour enfants dans une école de Rennes.

Il paraît que ça les calme, les mômes. Elle, je ne sais pas. Elle en revient chaque semaine avec des stupéfactions grandissantes d’avoir entendu dans la bouche des petiots des choses comme « Ça ne sert à rien, d’écrire ! ».

Écrire ? Si, ça sert à faire rire !

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais moi, de mon côté, j’anime depuis de nombreuses années un atelier d’écriture qui a pour effet d’emmener dans le silence pendant une heure des dames dont la plupart ont l’âge d’être les grands-mères des mioches précédemment cités.

Pour calmer les enfants et faire taire les piapiateuses, il n’y a rien de tel que les images. Comme on nous disait autrefois : «Sois sage et tu auras une image !».

Dernièrement j’ai utilisé pour animer cet atelier celles d’un jeu de société collaboratif appelé "Le fil rouge : dans leurs regards ".





Il s’agissait, collectivement, de remettre dans l’ordre chronologique les scènes muettes d’une soirée de réveillon puis de décrire toute la suite d’événements du point de vue d’un seul et même personnage.

Je crois bien que c’est la séance d’atelier d’écriture qui a procuré à son animateur la plus grande des jubilations. Les écrivantes n’étaient pas non plus dans une désespérance profonde même si les images du jeu et les textes qui en sont nés sont profondément ancrés dans le réel. On a bien ri ce jour-là dans la salle Mandoline de la Maison de quartier de Villejean. En témoigne l’enregistrement ci-dessous.


P.S. Il paraît qu’en espagnol « retraite » se dit « jubilación ». J’en profite pour souhaiter une bonne « jubilación » à ma collègue Isabelle qui met un terme à la fin du mois à son travail de « servante du château ».



Pas encore tout à fait amnésique. 17, Continuer impair-turbable (Défi du samedi n° 874)



Il y a 1 taxi pour Tobrouk et hun seul Attila qui, lui, y allait à cheval.

Il y a 3 mousquetaires, trois petits cochons, trois jeunes tambours, trois marins de Groix, les trois Grâces, les trois Parques, le lecteur de MP3 qui a remplacé les disques 33 et 45 tours et les mini K7. Il y a aussi ce fameux trois mâts fin comme un oiseau, Santiano.

Il y a 5 doigts de la main, le club des cinq d’Enid Blyton, cinq pépins d’oranges chez Sherlock Holmes et le Chanel n° 5 qui servait de pyjama à Marilyn Monroe.

Pour faire la transition, il y a Cléo. "Cléo de 5 à 7" d’Agnès Varda.

Il y a les 7 merveilles du monde, les sept péchés capitaux, les bottes de sept lieues, le clan des sept d’Enid Blyton, les 7 mercenaires, le jeu des sept familles, les sept nains de Blanche-Neige, les 7 boules de cristal, les sept collines de Rome : le Quirinal, le Juvénal, le Gardénal, l’Aventin, le Palatin, le Plaisantin, le Capitole (Ah non, ça c’est à Toulouse ! ).

Il y a les neuf muses, le chat à neuf queues, les neuf symphonies de Beethoven et autant chez Dvořák.

Il y a Raoul de Godewarsvelde qui chante dans « Quand la mer monte » « On s’retrouve chez Léonce on est onze ».

Il y a eu Achille Zavatta et « Le Trésor des treize maisons » dont je me demanderai toujours s’il est un décalque du « Mystère des douze chaises » d’Ilf et Petrov ; « Le 13 est au départ » est une aventure de Michel Vaillant dessinée par Jean Graton ; « La Morte survit au 13 » est un roman de Stanislas André Steeman qui a aussi écrit « Un dans trois » et dont on reparlera plus bas vu que c’est un auteur de polars qui compte.

Il y a ce jeu stupide où l’on se compte quinze point à chaque fois qu’on croise un barbu. Il y a aussi « Quinze marins sur le bahut du mort », une chanson de Michel Tonnerre qui fait référence à « L’Île au trésor » de Stevenson.

Il y a eu, chez Citroën, la DS 19.


Ben oui, évidemment, « L’Assassin habite au 21 » du même S.-A. Steeman.

Il y a des gens qui s’appellent 23. Comme le cardinal André Vingt-Trois. Il y eu aussi Pie VII mais pas Pie 3,14 chez les saints pairs ou impairs.

Il y a « La 25e heure » de Virgil Gheorghiu et « Le Troisième homme » de Graham Greene, « Surcouf le tigre des sept mers », un film avec Gérard Barray.

Il y a des gens qui se mettent sur leur 31 pour fêter l’an 9 à la Saint-Sylvestre. D’autres qui chantent « Au 31 du mois d’août » pour pouvoir dire merde au roi d’Angleterre !

C’est chez le docteur qu’on dit 33 et qu’on n’est pas loin de payer la même somme quand on consulte.

Il y a « Les 39 marches » de John Buchan qui ont été portées à l’écran par Alfred Hitchcock. J’ai dû quand même vérifier la date pour pouvoir dire que c’est antérieur… à la guerre 39-45.

« Les Quarante-cinq » est un roman d’Alexandre Dumas qui parle – ou pas ! - de l’assassinat du duc de Guise.

51, c’est un sacré pastis !

Il y a « Les 55 jours de Pékin » un film que je n’ai pas vu donc je ne vais pas chinoiser sur sa valeur.

Il y a 63 cases sur le plateau d’un jeu de l’oie.


Il y a 69 qui, à défaut d’être l’année la plus chaude de tous les temps, a été une année sacrément érotique, paraît-il.

C’est de 7 à 77 ans qu’on peut lire « Le Journal de Tintin » mais en vérité il n’y a pas de limite d’âge pour ce vice impuni.

Il y a 89 ou 1789 qui est la date de la Révolution française.

Il y a 91 qui est le produit de 7 x 13, deux nombres premiers et qui ne l’est pas pour autant puisqu’il a deux multiples. Comme quoi les chats font parfois des chiens !

Il y a « Quatre-vingt-treize », qui s’écrit pour le coup « Quatrevingt-treize » un roman historique de Victor Hugo qui était lui même surnommé « Totor la terreur » !

Il vaut mieux être riche à millions que se retrouver 101, surtout s’il faut en plus nourrir les 101 dalmatiens d’oncle Walt !

Contrairement à ce qu’affirme une légende urbaine très vivace,Louis Aragon n’a jamais écrit « Que serais-je 103 ?».

N’ayons pas peur de le dire : face à la droitisation et au vieillissement de ses premiers ministres, la France a besoin de 109 !

Il y a un numéro d’urgence, le 115 qui permet de reloger les millionnaires qui se retrouvent 101.

Il y a OSS 117, James Bond 007 et l’agent secret X-9.


Il y a eu la 205 Peugeot.

Il y a « Pacific 231 » une œuvre musicale d’Arthur Honegger d’après « La Bête humaine » d’Emile Zola.

Il y a eu « La 317e section » un film de guerre de Pierre Schoendorffer avec Jacques Perrin ; mais à ce propos, où est donc passée la 7e compagnie avec Pierre Mondy ? Ces rigolos ont-ils égaré leurs 12.7 et leurs 6.35 ?

Il y a 365 jours dans l’année sauf une fois tous les quatre ans quand il y a 29 jours en février.

Il y a l’impair-méable de Colombo et sa célèbre Peugeot 403.

Il y a le 421 qui est un jeu de lancer de dés assez misogyne : quand on fait 221, qui est le nombre de points le plus faible qu’on peut y obtenir, on appelle ça « faire nénette ».

Il y a « Fahrenheit 451 » un roman de Ray Bradbury porté à l’écran par François Truffaut.

Revenons dans le domaine militaire pour mentionner le 503e Régiment de chars de combats de Mourmelon-le-Grand dans lequel Joe Krapov a fait ses classes mais tout le monde s’en fout et moi aussi, à juste titre !

Il y a eu le Boeing 707 puis le 747 puis la Peugeot 203, puis la Renault 5 mais désormais tout le monde roule à vélo ou en trottinette sur les trottoirs des grandes villes.

Il y a « 813 » qui est une aventure d’Arsène Lupin narrée par Maurice Leblanc.


Peut-on mettre ici, sous 847, « Le Train de 8 h 47 » de Georges Courteline ?

Il y a 999 qui est le titre d’un album du groupe Aphrodite’s Child quand on tient la pochette à l’envers.

Il y a les « Contes des mille et une nuits », des histoires à dormir debout racontées par une aristocrate russe, Shéhérazade de Rimsky-Korsakov.

Il y a 1515 qui est une bataille célèbre mais personnellement je préfère la manille anonyme. Ça s’est bien castagné entre la France et l’Italie mais je ne sais plus où c’était. Je sais juste que les soldats étaient fort marris de se prendre des gnons.

Il y a « 2001 l’odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick et "Le  11 septembre 2001 » d’Oussama Ben Laden. 

Il y a commettre un impair qui est moins grave que commettre un crime comme ci-dessus.

Il y a aussi impair-tinence, un qualificatif pour un mec gonflé qui publie un article non revu par ses pairs.

Et qu’est-ce qu’on vous sert pour terminer ? Une 33 export ? Un Label 5 ? Un Get 27 ?

Bouclons la boucle : au jeu de tarot le 1 s’appelle le petit et il rapporte plus de points quand on le « mène au bout », qu’on le pose en dernier. De la même manière, quand on termine son délire mémoriel, arrivé au bout de sa phrase on pose un point.

Final et bienvenu !