Dans les vignes du Seigneur (Défi du samedi n° 938)





1

Jour après jour,
Seul sur la colline
Le gars qu’a perdu l’esprit
Reste parfait'ment tranquille

Personne ne veut le connaître
Tout le monde pense qu’il est fou
Il ne donne jamais de réponse

Mais le fou sur la colline,
Voit le soleil se coucher
Et perdu dans ses rêves
Voit le monde qui tourneboule

***


Quand ils vont en vacances au bord de la mer les sado-masochistes adorent se faire fouetter par les vagues.

***

Faut pas te préoccuper de ta vésicule d’hier !
Prends plutôt soin de celle d’aujourd’hui !
Vésicule d’aujourd’hui, moins d’ennuis !



2

Bien sur sa route
La tête dans les nuages
L'homme aux mille voix
Envoie ses vérités surprenantes

Mais personne jamais ne l’écoute,
Ni n’entend ce qu’il prononce
Personne ne semble remarquer

Que le fou sur la colline,
Voit le soleil se coucher
Et perdu dans ses rêves
Voit le monde qui tourneboule

***


Utilisez l’insecticide Campéador ! Élimine la guêpe, la fourmi et le coléotpère de Chimène !



***

L’impressionnihilisme est un mouvement pictural de la fin du XIXe siècle dont la doctrine pourrait se résumer de la façon suivante :

« Ça ne sert à rien de se casser le cul pour représenter le monde de la manière la plus ressemblante possible.

Ça ne sert à rien de se casser le cul pour représenter le monde.

Ça ne sert à rien de se casser le cul.

Ça ne sert à rien. »


3

La la la la
La la la la la
La la la la la la la
La la la la la la la


Le coccyx est une chose bien trop sérieuse pour qu’on la confie à des grues

***

Un été sans moules-frites, c’est comme un baiser sans moustache !

- T’as déjà essayé ?

- Non et c’est pour ça que je me paie une moules-frites tous les étés plutôt que de fantasmer sur Freddy Mercury ou de m’imaginer en Eva Braun ou en Madame Staline !

***

Personne n’apprécie sa présence
On attend qu’il entre en crise
Mais lui se contente de sourire

Et le fou de la colline
Voit le soleil se coucher
Et perdu dans ses rêves
Voit le monde qui tourneboule


N.B. Les parties en italiques sont une traduction-trahison-adaptation par mes soins (?) de" The Fool on the hill" des Beatles.

J'ai la mémoire qui flanche... (Défi du samedi n° 936)


J'ai la mémoire qui flanche...

 Je ne sais plus pourquoi la ville de La Rochelle est restée chère à mon cœur. Je n'y connais personne, j'y suis juste allé en villégiature quelques jours, il y a pas mal de temps. Je me souviens, à cause des affiches détournées que j'ai photographiées, que c'était pendant la campagne des élections présidentielles de 2017. 

On est allé à l'île de Ré une journée faire du vélo. On a traversé en bateau et on est passés sous le fameux pont. J'ai utilisé les photos de ce voyage là pour un diaporama chanté, peut-être pour « Le Vent » de Georges Brassens.

Est ce à cause de l'évocation de la Belgique, sur cette photo, que La Rochelle est restée chère à mon cœur ? J'y suis allé aussi au Gabut, j'ai essayé de retrouver l'esprit de Burano, de cultiver mon goût pour les maisons colorées comme on en trouve à Groix ou à Trentemoult.


J'aurais pu y croiser peut être ce cher oncle Walrus ! Les métadonnées de sa photo nous diront de combien d'années on s'est ratés ! En fait de pèlerinage culturel, j'aurais pu rechercher les traces de Georges Simenon qui a vécu pas mal de temps par ici dans les années 30. Il y a aussi été responsable de l'accueil des réfugiés belges en 1940. Il a écrit là 14 romans, il habitait à La Richardière à Marsilly et il venait à La Rochelle, au café de la Paix, à cheval. Je me souviens du « Fils Cardinaud », de l'adaptation cinématographique avec Jean Gabin dans le rôle de ce cocu magnifique.


La Rochelle c'est aussi Jean-Louis Foulquier et le festival des Francofolies. Dans la série des « Maigret » avec Bruno Cremer, il tient le rôle d'un tenancier de bistrot, le Picratt’ ou le Liberty bar. J'ai oublié.

Je n'ai pas rencontré les 4 sergents de cette ville ni les filles de La Rochelle qui ont armé un bâtiment : "Ah la feuille s'envole, s'envole", les souvenirs aussi. Sauf que j’ai retenu les airs de « M’en revenant de la jolie Rochelle J’ai rencontré trois jeunes demoiselles » et de « A la Rochelle est arrivé roulez jeunes gens roulez ».

Je me souviens d'avoir visité à l’époque une exposition sur le kimono et d'y avoir pris des photos alors que c'était interdit ! On ne me dit les choses qu'après coup, à moi !


Je crois que j'ai pris aussi pas mal de photos avec la couleur jaune qui se détachait sur un fond noir et blanc. Pourquoi donc ai-je fait cela ? Parce qu'en anglais, jaune se dit Yellow ?


Yellow ? Iélo ? Voilà, ça y est ! J'ai retrouvé, ça m'est revenu ! J'ai confondu ! Il ne fallait pas écrire « La Rochelle est restée chère à mon cœur » mais « Quand c'est cher, je porte la main à mon cœur et je repense à La Rochelle !





C'est là en effet, sur mon coeur, que se trouve, dans la poche intérieure de mon blouson, mon portefeuille ! J'en tire alors cet étui blanc et jaune qui contient... ma carte bleue !






N.B. C'était l'étui de la carte de transport qu'on a utilisée en 2017. Cette semaine-là, nous logions dans un mobil-home, dans un camping situé en pleine zone commerciale, au nord de La Rochelle, et on descendait en bus tous les jours visiter le fief de Michel Crépeau (Allez savoir pourquoi, par contre, j’ai retenu le nom de ce type !).





Pompes (à incendie) et circonstances (exténuantes) (Défi du samedi n° 936)

1

Faire pipi sur l’gazon
Pour arroser les coccinelles
Faire pipi sur l’gazon
Pour arroser les limaçons

2

Faire pipi sur l’gazon
Qui est dev’nu de la paillasse
Faire pipi sur l’gazon
Pour abreuver les pauv’s limaces

3

Faire pipi sur l’herbe sèche
Pour éteindr' tout’s les flammèches
Faire pipi sur l’herbe sèche
Battre les pyromanes en brèche

4

Faire pipi sur l’gazon
Pour arroser les p’tites balles jaunes
Faire pipi sur l’gazon
Du court central de Wimbledon

5

Faire joujou sur l’gazon
Maudit des femmes inverties
Faire joujou sur l’gazon
En écoutant jouer du Satie




6

Faire pipi sur la p’louse
Pour éteindre les étincelles
Faire pipi sur la p’louse
Les incendies me donnent le blues

7

Faire pipi sur l’herbe tendre
Ne dissuade pas - quel esclandre ! -
Faire pipi sur l’herbe tendre
Gainsbourg et Simon de d’entendre




8

Couplet patriotique breton :

Fais pipi sur Roazhon
Il y fait chaud comme aux Seychelles
Fais pipi sur Roazhon
De la Vilaine on voit le fond





9

Faire pipi sur le green
Où l’affreux Donald pérégrine
Faire pipi sur le green
Pour arroser sa limousine

10

Faire pipi sur l’herbette
Pour terminer ma chansonnette
Faire pipi sur l’air bête
Et repartir le coeur en fête !

Encore un truc effrayant ! (Le Défi du samedi n° 935)





Sur la route de Rennes à Redon, traversant le ciel blanc au milieu d’un triangle rouge, le cerf volant participe du présent en attirant notre attention sur le danger de la situation : s’il vient l’idée mirobolante à l’animal sauvage de se sortir du bois pour venir se mettre en travers de ton chemin, sois prudent, ne reste pas les bras ballants ! Évite de t’empaler sur le volant en pilant : ce serait drôlement chiant de finir en fauteuil roulant à cause d’un accident… avec un cerf volant !

***

La langue française est affolante, horripilante, exaspérante. Excellant parfois dans son maniement, j’ai trouvé excellent ce jour, le 6 du mois courant, de pousser le participe présent dans ses retranchements.

Le participe présent est un temps de verbe dont on trouve un exemple en écoutant un mec collant et peu galant, Michel Sardou, qui s’illustra un temps dans la goualante du pauvre Jean en chantant cette chanson qui porte le titre « En chantant ».

Il se trouve que ce temps de verbe, bien que du genre invariable, est passablement mutant.

1)

Il peut à l’occasion devenir un adjectif ; on le nomme alors adjectif participe. Il s’accorde alors en genre et en nombre.

Qui de vous n’a jamais appelé l’horloge parlante pour écouter les trois taupes ?

Quel OVNI êtes-vous si vous n’avez jamais entendu parler de soucoupes volantes ?

Charles Trénet et Jacques Higelin n’étaient ils pas des fous chantants (ou des fous chantant dans une langue chantante ?)

Votre villa flambant neuve au Cap Ferret est-elle devenue un château branlant ?

Combien y avait-il de moutons bêlants dans le troupeau de Panurge ?

Qui ne connaît pas le tableau nommé « Impression soleil levant » ? Passez la Monet ! Et notez qu’on peut dire aussi « pont-levis » mais pas « soleil couchis » !

Qui ignore encore les marais salants de Guérande, les Étoiles filantes des Cow-boys fringants, les drôles d’oiseaux que sont les chats-huants, les fromages puants, les nœuds coulants, les cités riantes, les erreurs criantes, les situations chiantes, les résultats brillants, le pays du soleil levant, les crèmes bronzantes, les récits poilants, la revue « Métal hurlant », les portes coulissantes, les textes hilarants, un mec chaud bouillant, les trucs époustouflants, les Pieds nickelés épatants, le cinéma parlant ?

2)

Le participe présent peut aussi être utilisé comme un nom commun. Voici quelques exemples relevés dans le langage courant (mais sur place!) : nettoyant, anesthésiant, encombrant, enseignant·e, étudiant·e, gueulante, tournante, démêlant, militant, exécutant, excitant, tenants, aboutissants.

Assez bizarrement on a aussi le commandant, le lieutenant et l’adjudant alors qu’il n’existe pas de verbe « lieutener » et « adjuder ».

Pourquoi dans ces conditions écrit-on « le précédent » et le « président » alors que « précéder » et « présider » existent ? Est-ce un incident, un accident, un antécédent fâcheux ? Est-ce pour cela que j’hésite toujours sur l’orthographe de résident/ résidant ?

3)

Le participe présent peut aussi, mais très rarement, être utilisé comme nom propre, surtout s’il s’est lavé les mains :

Jacques Faisant
Jeanne Calmant
L’Agonie de la Sémillante

On m’objectera que Jacques Faizant s’écrit avec z, Jeanne Calment s’écrit avec un e et que le verbe « sémiller » n’existe pas. J’objecterai que si, je viens de l’inventer. Il signifie « hausser les épaules et secouer la tête horizontalement, très vite, en gardant le silence et levant les yeux au ciel pour signifier « Votre question (ou remarque) est vraiment trop bête ! » ».

Exemple :

« Si on vous demande qui a peint l’Angelus, sémillez ! »

***

Notez bien que Michel Vaillant, Magellan (même en se flagellant), Jacqueline Maillan, le chevalier de Pardaillan, François-René de Chateaubriand n’ont aucun rapport avec le participe présent. Ils et elle sont d’ailleurs passé·e·s de mode.

Le yatagan, le catogan, le chambellan, les Uhlans, le brelan, les ortolans et les deux ronds de flan ? Pas plus !

On n’a jamais vu Bob Dylan dealant près du menhir du Champ Dolent dans un costume seyant de troubadour foléyant. C’eût pourtant été amusant !

Ce qui nous amène à cet autre mystère orthographique : l’étendard est sanglant et levé mais le verbe sangler n’a rien à voir du tout avec le sang impur qui abreuve nos microsillons.

L’ennemi est sanguinolent et non sanguinolant parce que le verbe « sanguinoler » n’existe pas (j’ai eu la flemme de l’inventer !)

Mais alors expliquez-moi pourquoi, en bout de lecture de ce texte, vous semblez somnolent·e et non somnolant·e alors que le verbe « somnoler » existe ?


P.S.   Sigmund Freud s’est rendu célèbre en bâtissant toute une théorie à partir de l’inconscient. Était-il conscient de ce que cela avait de sciant et surtout de chiant pour les astrologues d’Évian qui ne buvaient que du vin et qui du coup passèrent pour des devins déviants ?