Qu’est-ce que nous avons pu avoir comme bon temps quand nous étions élèves à l’école Yack Prévert !
Surtout pendant les récréations ! On chantait des tas de bêtises, héritées de la culture des Z’homs auxquels nous avions succédé.
Je me souviens encore de :
« Yack un ch’veu sur la tête à Mathieu Il n’yack une dent, il n’yack une den-ent Yack un ch’veu sur la tête à Mathieu Il n’yack une dent sur la mâchoire à Jean ! »
ou « Tous les Yackadiens, toutes les Yackadiennes vont chanter vont danser sur le violon Ils sont Américains et elles sont Américaines La faute à qui donc La faute à Nyackoléon ! »
On chantait aussi « Pépé-la-Yacktance » et « Ta yacKatie t’a yackitté ».
On jouait à « Yack a dit » !
- Yack a dit : « Yackroupis ! » ! - Yack a dit : « Touchez-vous l’os ilyack ! » ! - Donnez-vous l’yackolade ! - Perdu : j’avais pas dit « Yack a dit » !
Bien sûr il y avait quelques élèves yackariâtres, ceux qui ne jouaient à rien.
Le yack Uza dans un coin, répétait sur son instrument :
- Plus tard je serai une star de l’yackordéon. Des foules entières m’yacklameront. J’yackompagnerai les plus grandes vedettes de la chanson. Je roulerai en Cadiyack et j’aurai une vie paradisyack !
Il y avait le yack Uzzi, toujours le nez plongé dans un bouquin, qui voulait devenir conteur, apprenait par coeur « Yack et le haricot magique », « la Fable du Yack A et du phoque ON » et lisait les aventures en images du petit Indien Yackari.
Après cette demi-heure d’yacktivité débridée, de jeu avec nos yackolytes vêtus d’yackoutrements les plus divers, on remontait en classe, on renfilait nos blouses et nos blues.
Monsieur Yacklang, l’instituteur, nous sonnait les cloches mais sans yackrimonie parce qu’il était asses yackommodant, finalement.
- Qu’est-ce que tu fais quand tu arrives à un carrefour et que le feu passe à l’orange ? demandait-il.
- Yackcélère !
- Eh non ! En faisant comme ça tu risque de provoquer un yackrochage ou d’avoir un yackcident plus grave !
- Qu’a dit Jules César en franchissant le Rubicon ?
- Alea yackta est !
- Ce qui signifie ?
- Harry Potter m’a jeté un sort !
- Donnez-moi un synonyme de "zoo" !
- Jardin d’yacklimatation !
- Pendant l’affaire Dreyfus, qu’a écrit Emile Zola ?
- Yackiesce ?
- Yackrédite ?
- Yackuse !
***
J’aime beaucoup me souvenir de cette époque où nous avions la n’yack ! Après, bien plus tard, nous sommes allés à l’université et je me dis que Yack Uzzi, maintenant qu’il est devenu yackadémicien, doit penser quelquefois que « c’est au hasard des RU, sur un de ces fameux bancs, qu’il a vécu le meilleur morceau de ses amours " !
Inspirez-vous de l’image d’Achille Devéria qui vous a été remise – ou que vous avez choisie – pour écrire une histoire. Vous choisirez son titre dans la liste ci-dessous ou vous piocherez du vocabulaire dans ces titres de chapitres extraits de deux tomes des « Misérables » de Victor Hugo.
Aurore - Autre pas en arrière - Bâtons dans les roues - Bouteille d'encre qui ne réussit qu'à blanchir - Christus nos liberavit - Cinq de moins, un de plus - Commencement du repos - Confier, c'est quelquefois livrer – Déposezplutôt votre argent dans telle forêt que chez tel notaire - Dernières palpitations de la lampe sans huile – Doublequatuor - Ébranlement dans l'absolu - Fin joyeuse de la joie - Formes que prend la souffrance pendant lesommeil - Héroïsme de l'obéissance passive - L'Alouette - L'attraction et l'extinction - L'autorité reprend sesdroits - L'herbe cache et la pluie efface - L'homme filé - L'homme réveillé - L'onde et l'ombre - La chambre d'enbas - La décroissance crépusculaire - La descente - La guerre entre quatre murs - La nuit blanche – La prudence conseillée à la sagesse - La situation s'aggrave - La terre appauvrie par la mer - Le cloaque et sessurprises - Le coup de fusil qui ne manque rien et qui ne tue personne - Le dedans du désespoir - Le désordrepartisan de l'ordre - Le frère raconté par la sœur - Le pan de l'habit déchiré - Le septième cercle et le huitièmeciel - Le soir d'un jour de marche - Le système de dénégations - Le vautour devenu proie - Le voyageur arrivé prend ses précautions pour repartir - Les artilleurs se font prendre au sérieux - Les effets de rêve mêlés aubonheur - Les morts ont raison et les vivants n'ont pas tort – Les obscurités que peut contenir une révélation- Les œuvres semblables aux paroles - Lueurs qui passent - Lui aussi porte sa croix – MademoiselleGillenormand finit par ne plus trouver mauvais que M. Fauchelevent soit entré avec quelque chose sous le bras - Nouveaux griefs - Nuit derrière laquelle il y a le jour - Où l'on s'adore - Par qui il faisait garder sa maison - Philosophie après boire - Pied à pied - Pour le sable comme pour la femme il y a une finesse qui est perfidie- Prisonnier - Progrès actuel - Quatre à quatre - Que faire dans l'abîme à moins que l'on ne cause? – Quelhorizon on voit du haut de la barricade - Quelque fois on échoue où l'on croit débarquer - Solution de quelques questions de police municipale - Suprême ombre, suprême aurore - Tholomyès est si joyeux qu'il chante unechanson espagnole - Tombeau convenable - Tranquillité - Un juste - Un lieu où des convictions sont en train de se former - Une mère qui en rencontre une autre - Une tempête sous un crâne - Vagues éclairs à l'horizon
Ce que Dieu dit à l’Homme (et aussi à la Femme ?) en leur donnant l’Eden :
- Il poussera dans ce jardin de nombreuses plantes. Elles serviront à votre nourriture, à votre agrément, à votre santé.
Il y aura de l’avoine, de l’avocat, des ananas, des amandes, du blé, des bananes, de la badiane, des betteraves, des blettes, des carottes, de la cardamome, du chanvre, du colza, des citrouilles, de la canne à sucre, de la ciboulette, des choux, des cerises, des dattes, des dahlias, des églantiers, de l’épeautre, de l’échalote, des épinards, de l’estragon, des endives, de la farigoulette, du fenouil, des figuiers, des fraisiers, des framboisiers, de la girofle, des giroflées, de l’hellébore, des hortensias, du houx, des hêtres, des hibiscus, des haricots, des iris, de l’ipéca, du jasmin, des jacinthes, des jonquilles, des kiwis, des kumquats, des lychees, des marronniers, du malt, des merisiers, des mirabelles, des melons, de la moutarde, de la mâche, de la menthe, des myrtilles, de la mandragore, des nèfles, des navets, des orangers, de l’orge, de l’origan, de l’oseille, des oignons, des pommiers, des poiriers, des scoubidouiers, des pêchers, dont certains capitaux, des poivriers, du paprika, des patates douces, des pommes de terre, des poireaux, des pruniers, des prunus, des quetsches, des rutabagas, des raisins, du riz, du serpolet, de la salsepareille, des salades, des simples, des tomates, des tulipes, du thym, des tournesols, de la vigne, du wasabi et du xanthium. Entre autres.
Retenez cependant une chose. Si vous inventez d’en ingérer certaines sous forme de suppositoire, sachez que je m’en lave les mains par avance.
Aujourd'hui on vous propose de choisir un (ou deux ?) de ces dessins très détaillés de Jean-Jacques Loup.
Vous allez bien l'examiner, noter tout ce qu'on y voit et qui vous intéresse. Prenez votre temps. Lorsque cela sera fait, vous retournerez le dessin et vous écrirez à partir de vos seules notes un texte ou un poème sur le ou les thèmes suivants :
Il arrive un moment dans nos vies où l’on se sent vraiment perdu pour le marxisme.
A force de voir les uns s’affronter, s’invectiver, s’envahir et se haïr et les autres devenir des zombis silencieux, le nez plongé en permanence sur l’écran de leur téléphone, pareils aux deux paysans de l’Angélus de Millet, on sent bien que l’on prend du poids et que la société guydéborde de partout.
C’est donc avec l’assurance d’un certain âge qu’on effectue et affirme son choix
1) d’aller au spectacle
2) de le faire venir chez soi
3) de se jeter soi-même en pâture aux lecteurs·trices, aux auditeurs·trices, aux spectateurs·trices (y compris s'ils se prénomment Pa·trice !)
A chaque fois c’est une aventure, une découverte exceptionnelle de l’« enrichissez-vous l’âme » de mots aiguisés plutôt que des mets à Guizot.
1) aller au spectacle
Samedi soir on est allés revoir Yannick Jaulin. Cette fois-ci c’était pour « J’ai pas fermé l’oeil de la nuit » un spectacle d’il y a vingt ans qu’il a décidé de reprendre tous les ans au mois de novembre en vue peut-être de mourir sur scène ! On ne dira jamais assez combien cette légende urbaine autour de la mort de Molière travaille l’esprit des comédiens !
A-t-on pu rire, ce soir-là, des cimetières et de la mort ! Et comme on a serré les fesses au retour ! C’était à la nuit noire, de Saint-Germain-sur-Ille à Rennes via Saint-Grégoire, sur une route de campagne couverte de brouillard, avec des courbes, des carrefours, de longues lignes droites dont on n’apercevait que les cinq premiers mètres et les ronds blancs tracés au sol, semblables aux cailloux semés par le Petit Poucet. Une atmosphère à croiser l’Ankou royalement perché sur son vélo pas éclairé, couvert d’une cagoule noire et porteur d’une sacoche Uber eats pleine d’urnes funéraires sur le dos.
Nous sommes rentrés à bon port puisque je suis encore à jeter l’encre sur les rives du Styx ou plutôt de la Vilaine.
2) faire entrer le spectacle chez soi
Alors oui, tout petit déjà, on te donne cette petite boîte pour que tu regardes et restes tranquille et tu absorbes le meilleur comme le pire : Zorro, Thierry la Fronde, Nounours et Belphégor, Dorothée, Chantal Goya, Louis de Funès et Albator.
Je ne suis pas du genre à tout rejeter. Je n’ai pas de télé mais j’ai des dévédés, j’en emprunte en bibliothèque et je passe l’hiver sous la table.
Pardon, je passe « L’Hiver sous la table » et on se régale d’Isabelle Carré, de Roland Topor qui a écrit cette merveille de conte théâtral, de Zabou Breitman * qui l’a mise en scène et des autres acteurs excellents dont Dominique Pinon et un violoniste virtuose, Liviu Badiu.
3) Que faire ?
C’est la question que posait Vladimir Il’itch Oulianov dit Lénine. Face à cette société du spectacle, n’ayant pas l’âme d’un militant, d’un ermite ou d’un stylite ni la colère d’un terroriste, on n’a pas grand-chose à proposer à part faire chanter les gens, les faire écrire, les amuser, leur raconter des histoires, leur montrer des images belles ou drôles.
C’est peut-être d’une modestie désespérante mais au moins, pendant ce temps-là, on n’envahit pas l’Ukraine, nous !
P.S. Cela ne nous empêche pas pour autant de demeurer des Marxistes convaincus (tendance Groucho ou Harpo, selon les moments).
* ici on boucle la boucle : Zabou Breitman est la fille de Céline Léger qui tenait le rôle d’Isabelle dans Thierry la Fronde !
Tout son organisme, étendu, était en forme de poisson et, certes, ses petites rues serpentaient comme des veinules autour du liquide amniotique, halieutique et iridescent de sa folie adolescente. Mais elle avait de jolies places, un arsenal de séduction qui se campe haut, un fondement fondamental de fondamenti au cordeau, des anches pleines pour les hautbois de Vivaldi et toute une vénération religieuse à venir qui reposait sur les plus affermis des pieux.
Si tu vas à Rio, comme chantait Dario, n’oublie pas de donner le nom de celui qui fait son renom, celui du Palazzo par où elle soupire quand nous soupons au Danieli de velouté au basilic et qu’elle reste fuyante comme toutes les femmes poisson natives du cinq mars qui refusent le marc parce que le pousse-café rime avec « pousse-au-crime ».
- J’en ai assez, déclarait-elle comme à la douane, sur la pointe des pieds dans ses petit souliers, que Tu m’offres des campaniles, que Tu me bâtisses des palais pas laids garnis de palines peu palotes. Ta plus belle avenue du monde, je ne m’y reconnais pas. Je suis une discrète, une humble dentellière. Je rêve d’être une ruelle dans une île de pêcheurs entre une maison rouge et une maison moutarde, que des enfants y jouent à cache-cache humain et non à labyrinthe mondain-mondialisé comme aux Champs-Élysées. S’il Te plaît, appelle-moi Venelle !
Je n’ai jamais eu le dernier mot avec les femmes. J’ai cédé à ses désirs. Elle vit à Burano, solitaire et tranquille, oubliée de tous sauf de Moi.
Quant à cet autre écrin que Je lui avais fait pour que nous puissions vivre d’amour sérénissime et de carnaval fou, Je l’ai appelé Venise et Je me mords les doigts de ce que c’est devenu !
Les jolies femmes ont toujours raison ! N’oubliez jamais cela si vous devez bâtir un monde !
N.B. Les deux photographies sont de Marina Bourgeoizovna.
Voici deux listes de mots qui contiennent les syllabes « oui » et « non ».
Insérez au moins cinq couples de ces mots dans une chanson, un poème, un texte avec cette contrainte à respecter absolument : chaque mot avec une syllabe « oui » sera suivi un peu plus loin dans la phrase – ou dans la phrase suivante - d’un mot avec la syllabe « non ». Alternance, donc.
Votre texte aura pour sujet ou pour titre, au choix :
La Normandie – Georges et Denyse – Le Référendum – Le Cancre – Le Nombril
(ou ce dont vous avez envie de parler aujourd’hui !)
De l'université à l'universalité, il n'y a que deux lettres et, c'est vrai, à l'université comme dans le monde entier, on est tous un peu frappé ! A commencer par le doyen de la Faculté que Coluche baptisait Orangina parce qu'il était complètement secoué.
Moi, je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il se trouve que j'y ai travaillé, à l'université de Rennes 3, de septembre 1997 à janvier 2016 pour être précis. C'est dire si j'ai eu l'occasion d'en rencontrer des gens un poil « originaux ». Si je m’en réfère au cahier de chansons que j’ai composées à l’époque, on voit apparaître des noms comme Dédé le tyrannique, Winnie Bédobeuliou, Moumoune, Mick McKormick, Madame Yonyon, Madame Chèvrefeuille et des tas de sigles administratifs dont je vous fais grâce.
L'université n'est jamais que le stade ultime de l'école, simplement la salle de classe est appelée «amphi», l'élève est appelé «étudiant», l’âge de ses artères est tel qu'il a des hormones qui le travaillent et que du coup les gars veulent pouvoir aller dans le dortoir des filles. Et voilà pourquoi on a eu mai 68 !
En 2016, j'aurais pu faire un trait sur cette période-là de mon existence professionnelle, trop content d'être enfin libéré des hiérarchies, des tâches trop régulières et des gens un peu zarbis qu’on a été obligé de côtoyer, supporter ou remercier : le médecin du travail s’appelait Docteur Trépas et je ne sais toujours pas si je lui dois une fière chandelle ou une corvée semestrielle inutile !
De fait, quand vous partez en retraite, on vous remplace et on vous oublie, à l’université. Mais il faut croire que je suis masochiste ou que je fais ou veux faire partie de ses meubles parce que j'y retourne toutes les semaines, le jeudi, à la cafétéria du Diapason. Moi qui ai tenu l'animalerie des campus de santé et de sciences à Villejean et Beaulieu, je joue aux échecs contre une poignée d’anciens professeurs dont l'un est un fidèle du système Ruiz, appelé aussi «l'hippopotame», et à qui, lorsque j'ai les pièces blanches, j'inflige la torture du début Bird (1. f4), le drôle d'oiseau des ouvertures.
J'y vais aussi le mardi matin tous les quinze jours pour accompagner à la guitare la chorale quasi féminine de chants de marins à laquelle je me suis greffé et dont je suis devenu « le chef ». On répète dans une salle appelée « Le Refuge ». Cela explique peut-être pas mal de choses en notre période de « Tous aux abris ! ».
Cela me vaut d'assister à un spectacle silencieux mais assez drolatique : en attendant que tou·te·s les choristes arrivent je vois passer l'ancien président de l’Université avec un sac à dos de style «Vieux campeur» et un tapis de sol roulé sous le bras ! Lui vient faire du Pilates pendant qu'on chante nos bêtises !
En résumé, l'université mène à tout, à condition d'en sortir.
Scrongneugneu ! Ces rogntudju de militaires ne nous foutront donc jamais la paix ?
Voilà que l'autre excité qui nous gouverne, celui dont le leitmotiv de technocrate encravaté est l'inquiétant « Nous sommes en guerre ! », nous balance comme ultime premier ministre rien de moins qu'un moine soldat !
Celui-là, au reste, est fort sympathique : il met 27 jours à rassembler ses troupes, ce qui laisse au fût du canon cher à Fernand Raynaud le temps de refroidir. Puis au bout de 13 h 56 de combat nocturne au creux des draps, il démissionne ! Là où les Athéniens s'atteignirent, le combat cessa faute de combattants.
« Scrongneugneu ! Quand faut y aller, faut y alller ! » peste le général face à la position démissionnaire de son lieutenant préféré et il le remissionne pour deux jours. Il accomplit la mission, dit devant tous qu'il ne retournera pas au front mais on l'y retrouve peu après, disposé à rejouer Azincourt, Trafalgar ou Dien Biên Phu. Charlot soldat ! Laurel et Hardy conscrits ! La Grande vadrouille avec le mitrailleur allemand qui louche ! Voilà, c’est ça, scrongneugneu : on a retrouvé la 7e compagnie, on va sauver le soldat Ryan et moi, du coup, ça me donne envie d'entamer un 20e bistrot mémoire sur les militaires sympathiques - ou pas - dont l’antimilitariste que je suis à l’occasion se souvient quand même.
BANDE DESSINÉE
Commençons par ceux des bédés de notre enfance. Je me souviens de Taka Takata dans le journal Tintin, des généraux Tapioca et Alcazar et du colonel Sponsz dans les albums d’Hergé. de Beetle Bailey, du sergent Laterreur dans Pilote, du lieutenant Blueberry de Charlier et Giraud, des Tuniques bleues, du 20e de cavalerie chez Lucky Luke, des combats entre Snoopy, l’as de la première guerre mondiale, et le Baron rouge. D’autres aviateurs célèbres et concurrents ? Tanguy et Laverdure, Buck Danny, Dan Cooper.
Plus loin dans le temps il y a les légionnaires romains d’Astérix, Le sergent Kirk et les Scorpions du désert d’Hugo Pratt. Et bien sûr, couronnant le tout caricaturalement, l’Adjudant Kronenbourg de Cabu !
CHANSON
Enchaînons avec la chanson : rappelons-nous le colonel Bogey, dont la célèbre marche « Hello, le soleil brille, brille, brille » est sifflotée dans le film « Le Pont de la rivière Kwaï ». A la même époque Graeme Allwright chante la traversée d'une rivière avec de l’eau « jusqu’à la ceinture » quand il était en manoeuvre dans le Louisiana, une nuit au mois de mai, sous les ordres d'un vieux con qui dit d'avancer, scrongneugneu, où on n'a pas pied.
Évidemment tout a commencé bien plus tôt avec« L’Ami Bidasse » de Fernandel , dernière incarnation en date des comiques troupiers et tourlourous de la fin du XIXe siècle, Ouvrard, Polin, Bach et Laverne, etc.
On a eu droit aussi à « La Casquette du Père Bugeaud », aux trois capitaines d' « En passant par la Lorraine ». Malbrough s’en va-t-en guerre en compagnie de Babette (Brigitte Bardot) alors que Trois jeunes tambours s'en reviennent « Ran plan ran pataplan ». Le « Légionnaire » d'Edith Piaf est repris par Gainsbourg.
Nous, bien sûr, nous ne ferons pas de cadeaux au maréchal Nouvoilà. Nous chanterons plutôt « Le Déserteur » de Boris Vian ou, moins digne, « La Médaille » de Renaud. Nous garderons dans notre besace « La chanson de Craonne », « La Butte rouge », « Gloire au dix-septième » de Montéhus.
Nous écouterons, plus gentiment, le « Sergent Pepper’s Lonely Hearts club band » des Beatles, le « Général à vendre » (paroles de Francis Blanche) et « Le Général Castagnetas » chantés par les Frères Jacques, le messager de « Marathon » de Marcel Amont et « Le Général dort debout » de Ray Ventura ainsi que « La Guerre de 14-18 » de Georges Brassens.
Nous concédons toutefois la présence dans notre discothèque d’un tank saugrenu sur la pochette de l’album "Salisbury" d’Uriah Heep.
De « L’Histoire du soldat » de Stravinsky et Ramuz et du « Soldat rose » de M. nous savons simplement qu’ils existent.
CINÉMA
Ne prisant ni la guerre ni les militaires je n’ai rien à dire sur « Les Canons de Navarone », « Le Jour le plus long » et autres films nombreux qu’on a tournés autour des conflits du XXe siècle. Je retiens juste le drôlissime « Uniformes et jupons courts » de Billy Wilder, « How I want the War », un film de Richard Lester avec John Lennon et la patrouille des éléphants du colonel Hathi dans le « Livre de la jungle » de Disney d’après Rudyard Kipling.
Par contre je vous dispense des « Bidasses en folie » avec Les Charlots et même de « La Vache et le prisonnier » d’Henri Verneuil avec, encore, Fernandel en « Kriegsgefangene » (und die Kuh).
De la télé des années 60 il ne me reste que le sergent Garcia dans « Zorro » et le caporal Rusty et son chien Rintintin dans le feuilleton homonyme.
LITTÉRATURE
En littérature il y a « Le Colonel Chabert » de Balzac, « Le Caporal épinglé » de Jacques Perret, Fabrice del Dongo dans "La Chartreuse de Parme" de Stendhal qui passe allègrement du sabre au goupillon, « Les Aventures du brave soldat Chveïk », un roman satirique tchèque de Jaroslav Hasek, « Le Hussard sur le toit » de Jean Giono, « Les Gaîtés de l'escadron » de Georges Courteline...
Je ne sais plus avec certitude qui est l’auteur de ce calembour « Tire ailleurs, c’est mes galets ! ». Jean Yanne, peut-être ?
MENTIONS DE MILITAIRES CÉLÈBRES
Je n'ai pas en mémoire les noms de tous les maréchaux qui ceinturent la ville de Paris sous forme d’un long boulevard. Je sais qu’il y a Ney dans la liste parce que lui se voit comme son homonyme au milieu de la figure ! Je crois savoir qu’on n’y trouve pas Cambronne qui est resté simple général parce qu’il a eu des mots qui ont déplu à sa hiérarchie. Plus loin dans la capitale on trouve le zouave du pont de l'Alma.
Quelle ville de France n’a pas sa rue, son avenue ou sa place du général de Gaulle ? On honore également à Rennes le général Guillaudot, le sergent Palicot, le sergent Maginot qui fut un visionnaire sur toute la ligne et même le général Lafayette qui avait légèrement tendance à épater la galerie au printemps.
Saint-Georges de Lydda est un nom qui me dit quelque chose mais quoi ?
Le capitaine Haddock et les commandants Cousteau et Charcot ne sont pas forcément des militaires mais des marins, tout comme le capitaine dans « Pim Pam Poum » et les différents capitaines imaginés par Jules Verne.
BATAILLES
On se souvient tous de lieux où ont eu lieu des foutages sur la gueule célèbres, pas forcément avec leur date à part Marignan (1515) : le défilé des thermopyles, Alésia (52 av. J.-C.), Hastings (1066), Bouvine (1214), Crécy (1346), Sedan (1870), le soleil d'Austerlitz, le pont d'Arcole, la Bérézina, Waterloo morne plaine... Ajoutons la bataille de Reichshoffen et l’expression « Il pleut comme à Gravelotte ».
Inkerman, Malakoff, Alma et Sébastopol sont des restes de la guerre de Crimée de 1853-1855
En terminant j’ai une pensée pour la grande Duchesse de Gerolstein, créature de Jacques Offenbach, qui déclare avec fougue, à l'instar de Johnny Hallyday, « Ah que... j'aime les militaires » !
Ne pouvant souscrire à pareille assertion, je ne puis pas non plus signer mon texte « GI Joe » !
Pourtant G.I. pour Gentil Iconoclaste, ça me va bien au teint, je trouve !
Ce sera tout ! Repos ! Vous pouvez disposer, Scrongneugneu !
P.S. Comme dessert la maison vous suggère une coupe colonel, une boule de glace citron arrosée de vodka.